mon épitaphe ! mais il nen faut pas rire surtout. » Alors il nous rccila les vers suivans avec la rougeur modeste dun débutant :

Ici gît un pauvre âne, liélasI Qui, pour avoir été rebelle,

Mourut du nlus affreux trénas

SUISSE. Il

faire du boa, je le condamnai à composer une épitaphe pour làne mort. Mon petit poète prit la chose au sérieux, et, après être demeuré dix grandes minutes dans le re­cueillement, il se leva tout-à-coup, comme Pythagore après la découverte dun problème, en sécriant : « Yoici

ourui au plus aiircux trépas;

Mais du moins, par sa fin cruelle/

Il préserva dun triste sort

Un père, une mère et leurs quatre enfans naufragés sur ce borcf,

« Bravo! mécriai-je, voilà six vers dont le dernier peut compter pour deux. Et ce sont probablement les meilleurs qui aient été composés dans cette île. »

A peine avais-je achevé de les inscrire sur le rocher qui devait servir de tombeau à la victime, que nos pourvoyeurs revinrent avec leurs provisions et lattelage demandé.

Nous nous mîmes à lœuvre. Les bœufs furent attelés tant bien que mal à la queue du boa que nous transpor­tâmes jusquà lentrée de la grotte au sel, en ayant soin de soutenir la tête, de peur quelle ne fût endommagée par les broussailles,

« Maintenant, comment nous y prendrons-nous pour écorcher lanimal? » me demanda-t-on de toutes parts.

Moi. Lun de vous va monter sur le serpent, et lui en­foncer le couteau dans le cou, de manière que la lame le