26 TE ROBINSON

manque un bon pial de dessert pour remplacer le cabiai de Franz. »

A ces mots, Jack et Franz coururent à leurs gibecières et firent paraître, sur la table, des trésors dérobés jusque- \ tous les regards.

« Tiens, » dit Jack en plaçant devant son frère une ma­gnifique noix de coco et quelques pommes dune espèce inconnue, dun vert pâle, et dont le parfum se rappro­chait de celui de la cannelle.

Ernest perdit un peu contenance, tandis que les enfans couraient çà et en se frottant- les mains avec une joie malicieuse.

«Bravo! mes enfans, mécriai-je; mais quels sont ces nouveaux fruits? Est-ce un ananas que Jack nous apporte? Avez-vous goûté cette nouvelle production?

Jack. Non vraiment, quoique jen eusse bonne envie. Mais Fritz ma conseillé dattendre que maître Knips nous eût donné lexemple, vu que ces belles pommes pourraient bien être le fruit du mancenillier. »

Je louai hautement la prudence de Fritz; mais, en ou­vrant une des pommes, je reconnus clairement quelle navait aucun rapport avec le fruit du mancenillier, qui ressemble à nos pommes d'Europe et renferme une pierre au lieu de pépins. Dailleurs leur grosseur et leur parfum ne permettaient pas de douter plus long­temps.

Pendant que jexpliquais ces détails sur la première moitié de la pomme, le friand Knips, qui sétait glissé à mes côtés sans être aperçu, sempara de la seconde, et sa