sitîsse. 35
Ulysse au Cyclope qui venait d’avaler une couple de ses compagnons. »
Tout en riant, au fond du coeur, de cette exclamation, je permis au plaintif convive d’ouvrir nos deux meilleures noix de coco, mais de réserver le chou palmiste pour le souper, et de faire en même temps une petite provision de vin de palmier pour le soir : double commandement qu’il exécuta avec une résignation vraiment héroïque.
Après avoir cherché long-temps si mes souvenirs ne me donneraient pas quelques renseignemens sur l’arbre inconnu que nous venions de découvrir, je crus me rappeler que c’était une production de Madagascar, où on lui donne le nom de ravensara , c’est-à-dire bonne feuille. Le nom botanique est agathophyllum, ou même ravensara aromalica. Son tronc est épais et son écorce exhale une odeur aromatique, ainsi que 1rs feuilles, qui ont beaucoup d’analogie avec la feuille du laurier. On en distille une liqueur qui réunit les trois parfums de la muscade, du girofle et de la cannelle. On tire aussi des feuilles une huile aromatique d’un grand usage dans la cuisine indienne, et aussi estimée que le girofle. Le fruit du ravensara est une espèce de noix dont le parfum est plus faible que celui des feuilles. Le bois en est blanc, dur et sans odeur.
Comme nos diverses opérations devaient nous retenir encore deux jours dans le même lieu, nous en profitâmes pour faire de grandes excursions, ne rentrant qu’à l’heure des repas ou à la fin du jour. L’après-midi delà seconde

