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CHAPITRE XIF.
L’Orage. — Les Clous (le girolle. — Le Pont-Levis. — Le Lcclie- Sel. — Le Peminikan. — Les Pigeons messagers. — La Hyène.
A peine avions-nous fait le quart du chemin, que nous fûmes surpris par un ouragan terrible accompagné de pluie et de vent. Je me trouvai dans le plus grand embarras à celte irruption soudaine qui avait devancé mes prévision d’une heure. Les rafales de pluie avaient dérobé Fritz à nos regards, et le tumulte des élémens ne nous permettait pas de le rappeler. J’ordonnai aux enfans de se couvrir de leurs vêtemens de mer et de s’attacher à la chaloupe par des courroies, afin de n’ètrc pas emportés par la lame. Je fus obligé d’avoir recours moi-meme à ce moyen, et nous nous recommandâmes à Dieu, abandonnant la pinasse à son destin, dans notre impuissance à la gouverner.
La violence de l’orage redoublait, bien qu'à chaque minute il nous semblât que sa fureur fût à son comble. Les vagues s’élevaient jusqu’aux nuages, et de sinistres éclairs sillonnaient l’obscurité, répandant une sombre lueur sur les montagnes d’eau qui mugissaient autour de nous. Tantôt notre frêle bâtiment se trouvait au sommet de la vague, tantôt il redescendait au fond des abîmes avec la Jrapidité de l’éclair. Les flots remplissaient la chaloupe, nous menaçant à chaque minute d’une destruction certaine.
L’ouragan ne tarda pas à se dissiper comme il était

