SUISSE. 151
rieuse consultation avec ses frères, Ernest se déclara prêt à lui tenir compagnie. Cette circonstance me décida à re- > honcer moi-même à l’expédition projetée, comptant mettre ce temps à profit pour m’occuper de la construction d’un moulin à sucre.
Nous laissâmes donc partir nos trois maraudeurs avec force injonctions et recommandations qui ne furent pas trop mal reçues. Bientôt le pont-levis résonna sous les pas de leurs montures, et la petite caravane, l’autruche en tète, ne tarda pas à disparaître à nos regards, tandis que les rochers résonnaient des joyeux aboiemens de nos deux braves auxiliaires, Falb et Braun.
Je m’occupai, sans plus tarder, de mon moulin à sucre, qui devait consister en trois cylindres verticaux, et représenter une espèce de pressoir, que je devais mettre en mouvement au moyen de nos chiens ou d’un des jeunes buffles. Sans entrer dans la description détaillée de mon ouvrage, il suffira de dire qu’il m’occupa plusieurs jours, malgré la coopération d'Ernest et l’aide non moins active de la bonne mère.
Nous allons maintenant accompagner nos jeunes chasseurs dans leur expédition, dont je vais donner le récit avec la fidélité d’un historien consciencieux.
La caravane s’éloigna rapidement du pont-levis et ne tarda pas à arriver dans les environs de Waldeck, où les chasseurs comptaient passer le reste de ce jour et la journée suivante.
En approchant de la métairie, ils entendirent avec effroi un bruyant éclat de rire, qui paraissait venir d'une voix

