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de la baie; deux pièces de deux et une paire de pierriers avaient été disposées comme auxiliaires sur le pont de notre bâtiment de guerre, la fameuse pinasse.
L'espace compris entre la maison et le ruisseau du Chakal était occupé par nos jardins et nos plantations. Une palissade de bambous, perpendiculaire à notre galerie , s’étendait de la maison au ruisseau, pour protéger les plantations du seul côté où elles fussent accessibles. La petite vallée était arrosée dans toute son étendue par le courant d’eau qui venait alimenter nos moulins.
La fertilité toujours croissante de notre vallée ne tarda pas à y attirer une quantité de maraudeurs dont nous n’avions, jusque-là, remarqué la présence qu’à de longs intervalles. Dans le nombre il faut compter l’écureuil du Canada, qui ne manquait pas de nous rendre visite dans la saison des noix et des noisettes. Nos amandiers étaient peuplés d’aras et de perroquets, dont le cri désagréable forme un pénible contraste avec la beauté de leur plumage.
A ces principaux visiteurs se joignaient des nuées de petits oiseaux, grands amateurs de cerises, d’abricots et de raisins.
Dans les premiers temps de la colonie, nous avions besoin de tous nos efforts pour empêcher ces hôtes incommodes de faire la récolte pour nous, et tout notre attirail de pièges et de filets suffisait à peine à arrêter les dévastations. Notre dernière ressource fut encore la poudre et le plomb. Dans la suite, lorsque nos récoltes furent devenues plus abondantes, nous nous trouvâmes si riches que nous

