qui avaient choisi ces retraites inaccessibles pour y établir leurs demeures, remplissait l’air de ses cris discor- dans. Partout où les rochers se montraient moins abordables, j’apercevais des troupes d’animaux marins, paisiblement étendus au soleil ou troublant le silence du rivage par leurs longs mugissemens. Il me parut que c'était là le quartier-général des veaux-marins, car maint endroit du rivage est semé de leurs débris, et nous y trouverons une riche collection de crânes et de dents pour notre musée.
» Je dois avouer, continua Fritz, que, me sentant en humeur fort peu guerrière, je fis tous mes efforts pour passer inaperçu au milieu du camp ennemi. Au bout de deux heures environ, je me trouvai en face d’une magnifique voûte de rochers, que la nature, dans un de ses jeux bizarres, semblait avoir voulu construire selon le» règles de l’architecture gothique.
» L’intérieur de la voûte et tous ses alentours offrirent à mes regards une innombrable quantité de nids d'hirondelles de mer, dont les habitans se levèrent à mon approche avec des cris menaçans. Mais leur courage ne pou-
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trait irrésistible, je me glissai hors de la maison sans être aperçu, et les détours de la rivière du Chakal m'eurent bientôt dérobé à vos regards. Je ne m’étais pas embarqué sans consulter mon compas, afin de ne pas manquer l’heure du retour.
«Continuant de me dii iger vers l’ouest, je ne tardai pas à rencontrer un rivage hérissé de rochers et semé d’écueils à fleur d’eau. Un peuple innombrable d’oiseaux de mer,

