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Au point du jour tout le monde était sur pied, et la cha­loupe prit joyeusement le chemin du grand banc dhuitres, elle fit en peu de temps une pèche abondante. Cet heu­reux succès nous engagea à continuer lopération pendant les deux jours suivans; et bientôt un énorme ama* dhuîtres, élevé sur le sable, vint reposer nos regards satisfaits.

Tous les soirs, environ une heure avant le coucher du soleil, javais coutume de commander une expédition le long du rivage, et il ne se passait pas de soirée que la cha­loupe ne revînt avec quelque bel oiseau, le plus souvent dune espèce inconnue.

Le dernier jour de notre pêche, il nous prit la fantaisie de nous enfoncer une peu plus avant que de coutume dans la forêt voisine du rivage. Cette fois Ernest nous précédait avec le vigilant Falb, et Jack le suivait de loin à travers les hautes herbes du rivage, tandis que Fritz et moi nous étions arrêtés à quelques préparatifs indispen­sables. Je me préparais à suivre les chasseurs, lorsque tout-à-coup une détonation, suivie dun cri dalarme, retentit à mes oreilles; et nos deux chiens sélancèrent, avec la rapidité de léclair, dans la direction du coup de fusil.

« Aux armes ! » sécria Fritz ; et en moins dun instant il était sur la trace des chiens, avec son aigle, quil déchape­ronna sans sarrêter. Le bruit dun coup de pistolet et un long cri de triomphe mapprirent en même temps la fin du combat et la victoire de nos gens Jaccourais avec inquiétude sur le champ de bataille,