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corce, lorsque le reste de la famille offrit de lui tenir compagnie à condition qu’il reprendrait le récit de ses dernières aventures.
Miss Jenny s’était retirée auprès de ma femme pour sc livrer au repos; nous demeurâmes assis autour du foyer, et Fritz commença l'histoire de sa mémorable expédition.
« Vous devez vous souvenir, dit le jeune voyageur, comment j’abandonnai la chaloupe pour m’aventurer, dans mon frêle esquif, au milieu des plaines de l’Océan. La mer était tranquille, mais mon esprit se remplissait de trouble et d’inquiétude lorsque je songeais aux périls que j’allais courir pour l’exécution d’un projet d’une hardiesse presque insensée. Parfois d’orgueilleuses espérances succédaient â mon découragement, lorsque je venais à penser que mon audace aurait peut-être pour résultat de terminer notre exil en nous rendant à la société des hommes.
» J’avais commencé par ramer vigoureusement vers la pleine mer; mais une brise légère vint m’avertir à temps du péril auquel je m’exposais en m’éloignant de la côte, et, malgré mon impatience, il fallut me résignera suivre les détours du rivage. Lorsque le soir arriva, j’avaisIfait peu de chemin, et n’osant m’aventurer A cette heure sur une rive inconnue, je choisis un rocher â fleur d’eau pour y passer la nuit. Une muraille de pierre me garantissait du froid piquant qui commençait â se faire sentir, et bientôt un sommeil profond vint s’emparer de mes sens.
» Le lendemain matin je; recommençai le cours de mes recherches avec un esprit plus tranquille, interrogeant patiemment chaque rocher et chaque enfoncement du rivage. 11 . 11

