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plus nobles sentimcns qui puissent honorer la nature humaine.
Le soir qui précéda la journée du départ, chacun voulut montrer du courage, et nous invitâmes le capitaine et scs officiers â un grand repas d’adieux. Au dessert, je fis apporter le manuscrit de notre exil, et le confiant solennellement à Fritz, je lui recommandai de le faire imprimera son arrivée en Europe, avec les changemens et les corrections nécessaires.
« J’espère, ajoutai-je en finissant, que le récit de notre vie sur ces rivages abandonnés ne sera pas perdu pour le monde, si Dieu permet qu’il arrive un jour sous les yeux de la jeunesse de ma patrie. Ce que j’ai écrit pour l’éducation et l’instruction de ma famille peut devenir utile aux enfans des autres, et je m’estimerai bien récompensé de mes peines si mon simple récit peut fixer l’attention de quelques jeunes esprits sur les fruits bienfaisans de la méditation, sur les heureux résultats de l’obéissance filiale et de la tendresse fraternelle. Trop heureux aussi si quelque père de famille peut trouver, dans ces pages d'un exilé, quelques paroles de consolation, quelques sages conseils, quelques bienveillantes instructions. Dans la position exceptionnelle ot’t le sort nous avait jetés, mon livre ne renferme et ne peut renfermer aucune théorie. C’est le récit simple et sans art de nos actions et de nos aventures durant dix années d’une vie exempte de blâme et de malheurs. Pour nous, il a eu déjà trois grands avantages : en premier lieu, de nous inspirer une confiance résignée envers le souverain auteur de toutes choses; ensuite, de dé-

