45. — L’Ane.
Un jardinier.se disposant à se rendre au marché de la ville voisine pour y vendre des légumes,en mit une telle charge sur son âne, qu’on ne voyait presque plus la tête et les quatre jambes du pauvre animal.
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traordinaire. Ii prenait cet animal sur ses épaules, à la vue d’un grand nombre de spectateurs, et le portait assez longtemps en se promenant dans la rue, ce qui lui taisait gagner beaucoup d’argent.
« Quelques personnes lui ayant demandé comment il était parvenu à un tel degré de force, cet homme répondit : « Quand ce bœuf n’était encore qu’un veau, je le portais journellement quelques heures sur mes épaules, en me promenant dans ma cour. Il est vrai que l’animal devint de jour en jour plus pesant; mais mes forces s’accrurent en proportion, tellement que le poids d’un bœuf ne peut m’écraser maintenant. »
« Que ce fait soit véritable ou non, ajouta le père, il ne laisse pas de nous expliquer merveilleusement le sens de ce vieux dicton :
Au travail soutenu rien n’est trop difficile,
Et le long exercice à tout peut rendre habile. »

