Chemin faisant, ils traversèrent un bosquet de saules dont le jardinier savisa de couper quelques fagots pour en faire des liens. « Un si faible surcroît de charge ne peut nuire à mon âne, » dit-il en le posant sur le bât.

Plus loin vinrent des buissons de coudriers. Le jardinier en choisit quelques douzaines de baguettes minces dont il voulait faire des appuis à ses fleurs. « Elles sont si légères, dit-il, que lanimal les sentira à peine. rEt-dessus il les mit encore sur là«e.

Plus tard, quand le soleil se fut levé sur lho­rizon et se mit à darder ses rayons avec force, le jardinier ôta son habit et le jeta par-dessus le reste du fardeau. « Nous navons plus que deux pas jusquà la ville, dit-il, cet habit, que je puis soulever avec mon petit doigt, ne peut compter pour rien. »

Mais à peine avait-il prononcé ces mots, que lâne, venant à broncher, tomba et ne se releva pIus,écrasésousle poids dun fardeau trop lourd.

Alors le jardinier, effrayé et se lamentant, disait: « Maintenant je le vois enlio, mais mal­heureusement trop tard, on ne doit jamais im­poser ni aux hommes ni aux bêtes une charge au-dessus de leurs forces. »

Quand on est bien chargé, le plus léger fordeau Devient intolérable et nous mène au tombeau.