sant des gémissements plaintifs et en me présentant sa patte, dans laquelle une grosse épine était enfoncée : je la lui ôtai et pansai sa plaie., qui fut promptement guérie. Depuis ce moment il m’approvisionna de gibier, et nous vécûmes ensemble dans la même caverne en fort bonne intelligence... A la dernière battue qui eut lieu, nous fûmes séparés et pris l’un et l’autre. Aujourd’hui ce bon animal, m’ayant reconnu, se réjouit de m’avoir retrouvé. »
Le peuple, ravi de voir tant de gratitude chez une béte féroce, s’écria tout d’une voix : « Vivent l’homme charitable et le lion reconnaissant! » L’esclave recouvra sa liberté; il fut affranchi et comblé de riches présents. Lorsqu’il sortit de l’arène, le lion le suivit comme un chien; depuis il resta toujours auprès de lui, et l’accompagna partout sans jamais faire de mal à
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pauvre esclave, lui lécher la main et bondir autour de lui. Tout le monde resta frappé d’étonnement, et demanda à l’esclave l’explication de ce prodige.
Alors l’esclave la donna en ces termes : « Le jour où je m’enfuis de chez mon maître, j’allai k me cacher dans une caverne au milieu de la
forêt. A peine m’y étais-je blotti, que je vis entrer ce lion, qui s’approcha de moi en pous
personue.
L’animal reconnaît toujours son bienfaiteur : L’homme aura-t-il donc moins de mémoire et decœur?

