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qualité de bienfaiteur, et d’y donner des preuves de sagesse dans un âge qui le plus souvent n’est encore marqué que par des écarts et des fautes!
Projets trop flatteurs, illusion vertueuse ! décevante espérance! hélas! vous ne fûtes point réalisés! Lejeune homme s’était mis en marche vers la lin de l’hiver 1709, le Rhin était gelé à la profondeur de plusieurs pieds. Comme il traversait ce fleuve, chemin le plus court, selon lui, pour se rendre au village qu’habitait son père, la débâcle s’opéra tout à coup avec un fracas égal à celui du canon.
Arrivé trop tôt au milieu du Rhin,et loin des bords où la glace tenait fortement encore, hélas! le malheureux jeune homme est entraîné par le courant. Vainement il s’élance de glaçons en glaçons; à mesure qu’ils sont poussés par d’autres, ils plongent sous ses pas mal assurés; vainement, hélas! il fait signe qu’on vienne à son secours : la foule des spectateurs accourus sur les deux rives n’ose et ne peut tenter de le sauver; chacun lève les bras au ciel, et l’on est réduit à des vœux stériles dans cette alîreuse circonstance.
Marchant enfin sur le gouffre de la mort, et voyant qu’il ne va pas tarder à être englouti, ce bon fils veut signaler son dernier instant par les pieux sentiments qui l’ont guidé dans son voyage; il prend sa trompette, sonne un air

