CHAPITRE II.

Solitude de la prison.

A peine le vieillard eut-il fait quelques pas , quil entendit la porte se refermer lentement. II ne regarda point en arrière, mais, quand il se vit sur le point de perdre de vue cette ancienne maison paternelle , il se détournasubitement,et crut apercevoir son frère, une lumière à la main, qui se tenait immobile derrière une fenê­tre. « Cest sans doute la dernière fois ! » pensa- t-il. Et il eut besoin de tout son courage pour continuer sa route.

Il marcha pendant plusieurs jours sans faire aucune rencontre fâcheuse. Il suivit, autant que possible, des chemins peu fréquentés. Cepen­dant la surveillance était si active et si générale, quil ne tarda pas à être arrêté. Son titre de prêtre fut soupçonné et ensuite reconnu. Il né­tait alors quà quelques lieues de Nantes. On le conduisit donc dans cette ville régnait la plus affreuse désolation.

Carrier avait été envoyé à Nantes pour inti­mider ceux qui ne voulaient pas reconnaître

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