76 GATIEKNE.

« Quelle est donc la cause pour laquelle vous avez été mise en prison ?

Vous le voyez, répondit-elle dun ton bref et en tournant ses regards sur elle-même, vous le voyez : cest cette robe de deuil.

Nous ne vous comprenons pas : expliquez- vous plus clairement.

Javais un mari : cétait un ouvrier la­borieux et honnête. Il ne fut point coupable ! Je le dis hautement et je le soutiendrai toujours : non, il nétait point coupable ! Depuis le matin jusquau soir, il travaillait péniblement pour gagner à la sueur de son front le pain de sa pauvre famille... »

Comme elle disait ces mots, son visage pâle sanimait, et ses yeux arides se remplissaient de larmes. Elle voulut continuer, mais les sanglots étouffaient ses paroles.

« Calmez-vous , lui dit aussitôt celui qui la questionnait, calmez-vous. Nous ne sommes venus ici que pour sécher vos larmes.

Sécher mes larmes ! reprit - elle vivement ; sécher mes larmes ! me rendrez - vous ceux qui ne sont plus? Non , ils ne sont plus ! cependant limage de lun et de lautre est encore sous mes yeux. Je vois leur généreux dévouement, jen­tends leurs adieux touchants...

Le jour commençait à peine. Mon mari était