94 GATIENNE.

les saints jouissent éternellement dans le ciel. Le Dieu adoré dans ce temple est aussi mon Dieu. Tous les chrétiens qui sy trouvent sont mes frères. Je suis avec eux en communion de pensées, jentre aussi dans la communion de leur joie : je me prosterne avec eux , jadore , jinvoque, je soupire; je sens, comme eux, se remuer délicieusement dans ma poitrine ce qui fait que chacun de uous est heureux ou mal­heureux sur la terre.

Je me trouve au sein dune famille étroite­ment unie par lamour et par la vertu. Dun côté, jevois le père environné de ses enfants : il enseigne à leur inexpérience les sentiers de cette vie. Il peint à leurs yeux , sous les couleurs les plus frappantes, les charmes delà vertu et ldieux du vice. Il leur raconte comment le nom des hommes utiles passe de siècle en siècle jus­quà la postérité la plus reculée au milieu des bénédictions, et comment le nom des méchants passe aussi quelquefois jusquà la dernière gé­nération au milieu dune réprobation univer­selle. Ces jeunes enfants se tiennent comme sus­pendus à la bouche de leur père, et ils recueillent avec soin ses sages enseignements, qui peut-être ne seffaceront jamais de leur mémoire. Dun autre côté, je vois la mère au milieu de ses filles. Elle leur enseigne, par ses paroles et par son