GATIENNE. 1 17

présentent pour être les économes de la Provi­dence dans la distribution de ses biens, et ils prennent dabord pour eux-mêmes ces biens qui ne sont destinés quaux pauvres : quel sacrilège! Si lor de la terre a quelquefois pénétré dans des maisons qui auraient garder toujours la sim­plicité et la pauvreté du désert quelles représen­taient au milieu du monde, nen doutons point, cest que des cœurs mondains y avaient pénétré auparavant. Le ciel irrité sest obscurci, le souf­fle de la tempête a grondé, labîme des eaux sest ouvert... Grand Dieu ! assez longtemps le vais­seau a été ballotté au milieu des flots ! Il ne reste plus rien de ce quilechargeait inutilement: tout a été jeté dans lamer; et même plusieurs de ceux

qui s y étaient réfugiés ont péri. Ramenez la sérénité dans le ciel et le calme sur les eaux ; le vaisseau recommencera sa course, et il voguera heureusement vers le port.

Il y en a dautres qui recherchent la solitude, parce quils ont pris le monde en dégoût et quel­quefois en haine. Cest encore une vocation peu divine. Quoi! ils entrent dans le cloître afin de prier pour le monde, de subvenir à ses be­soins, et ils commencent par le haïr! Quoi ! ayant dans le cœur des sentiments de dégoût et daver­sion , ils oseraient franchir le seuil de ces mai­sons saintes sur le frontispice desquelles le doigt