sent à leurs enfants le lait que leur a donné la nature. Savez-vous, disent-ils, si le lait dune étrangère est aussi convenable ? savez-vous sil nest pas vicié? Et moi je dirai : Nest-ce pas à vous à donner à vos enfants le lait de la parole? savez-vous si la parole dun étranger sera pour l'esprit de votre enfant ce queût été votre pa­role? savez-vous si elle na rien de vicié, la pensée qui pénétrera avec cette parole inconnue dans lànie de votre enfant? Cependant il vien­dra nécessairement un temps la mère sera obligée de se faire remplacer par dautres auprès de ses enfants ; peut- être même se trou­vera-t-elle dès les premiers jours dans cette

GATIEtCNE. 159

croître, quand on ne la réchauffe pas aux rayons dune intelligence plus éclairée. Pour que cette instruction soit étendue et solide, elle doit commencer de bonne heure. Or, cette instruc­tion première, nest-ce pas à la mère quil appar­tient de la donner à ses enfants? La nature, qui la renferme avec eux dans lintérieur de la mai­son , ne semble-t-elle pas par cela même lui re­commander de veiller alors à tous leurs besoins? Et si elle ne se chargeait pas elle-même de cette instruction , qui donc sen chargerait ? Le père ? mais il est appelé ailleurs par de continuelles occupations. Un étranger ? quelques hommes se sont élevés avec force contre les mères qui refu-