GATIESNE. 249

toujours mauvais. Jai dans ce moment quelque espérance... Javoue que notre position a été bien triste, et quelle lest encore ; mais avec u n peu de courage que nendure-t-on pas !

Je nen ai pas manqué , je pense.

Oh ! non. Tu es si bonne, si chrétienne ! Et puis, que ne souffrirais-je pas pour lamour de toi 1 »

Ainsi parlait ta mère. Et je savais, à nen point douter, et je voyais de mes propres yeux quelle voulait me cacher, quelle se cachait peut-être à elle même le véritable état de sou àme. Pendant le silence de la nuit je lentendais quelquefois sécrier tout à coup : « Ma fille ! ma

fille I... matante !... ô douleur! » Cest que cette douleur qui sétait emparée de son cœur ne labandonnait point pendant la nuit, et la pour­suivait encore dans ses songes.

Il se faisait alors en France un grand travail dans les esprits. Lancien édifice royal craquait de toutes parts ; et ceux qui croyaient avoir in­térêt à sou entière destruction sefforçaient den arracher quelques lambeaux. Jétais de ce nom­bre. Javais peu de force, mais une ardente volonté, et pour arriver à mes fins jétais bien décidé à employer tous les moyens dont je pouvais disposer. Je me disais : « Suis-je à ma place? Les autres sont-ils à leur place ici-bas?

Il*