toujours pour cette tante généreuse de profonds sentiments d’attachement et de vénération. Quand je me laissais aller à de violents emportements, elle en ressentait une peine extrême.
« Mon ami, me disait-elle avec douceur, mon ami, ne la blâmons point. Elle agit d’après des idées qu’elle ne s’est point données, et que nous partagerions sans doute si nous étions à sa place. » Elle me faisait des représentations semblables quand elle m’entendait déclamer contre tous les grands en général.
Elle n’était pas exactement informée de tout ce que je faisais ; mais elle eu savait quelque chose. N’eutendait-elle pas nos conversations secrètes? Ne m’échappait-il pas en sa présence d'involontaires exclamations? Ne lisait-elle pas la plus grande partie de mes écrits? Le but que nous nous proposions d’atteindre, et qui n’échappait point à son regard pénétrant , était pour elle la cause d’une nouvelle douleur. Je me raDnelle uu’elle faisait souvent à ce
252 GATIENNE.
Ta mère fut toujours très-soumise à sa tante. Elle ne lui a jamais désobéi qu’une fois. Ce fut pour m’épouser. Cette désobéissance, qui me parut pourtant assez légitime, lui a été bien funeste dans la suite. Mais alors même qu elle se croyait dans la nécessité d’agir contre ses conseils , contre son expresse volonté, elle conserva

