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arbre fui joint par Linné à la famille des lauriers et croit naturellement aux Indes orientales et surtout dans l'ile de Ceilan; il nous fournit la cannelle (écorce intérieure ou plutôt le liber de l’arbre). C’est avec raison qu'il a été placé dans la neuvième classe, car ses fleurs renferment 9 étamines, qui sont remarquables par l’organisation de l’anthère, qui contient le pollen dans 4 loges, dont chacune s’ouvre par une petite valve (voyez b).
Fig. 11. Le laurier commun ou laurier d’Apollon J (Laurus nobilis) s'appelle aussi Laurier noble, parceque ses branches aux feuilles luissanles furent employées chez les anciens Grecs et Romains, pour en faire des couronnes, tandis que chez nous ses feuilles sont récherchées comme aromate et c'est pour cela, qu’on le cultive fréquemment dans les serres et les pols-de-fleurs. Dans le midi de l’Europe le laurier endure en pleine terre, dans la Grèce ou en voit môme des forêts, par ex. sur le Parnasse; cependant ont le dit originaire de l’Asie. On relire une huile, employée en médécine, de ses baies noires à une graine. Les fleurs sont à deux sexes (voyez fig. b, où il y a un bouquet en fleurs mâles, et fig. c, un bouquet en fleurs femelles), les mâles à 12 étamines, de sorte que strictement il n’appartient pas dans la neuvième classe et il n’y est placé que pour suivre les autres espèces de laurier, p. ex.: le laurier faux-benzoin (Laurus Benzoé), le laurier sassafras (Laurus sassafras) et le laurier camphrier (Laurus camphora), qui ont des fleurs à 9 étamines.
Planche XXI.
Fig. 1 et 2 Continuation des plantes de la neuvième classe.
Fig. 1. La rhoubarbe palmée (Rheum palmalum) appartient aussi dans la neuvième classe et a de très grands rapports avec les oseilles ou patiences, qui font part de la sixième classe. Elle est très célèbre par son excellente racine, dont chaque pharmacie doit nécéssairement être pourvue. Cette plante importante croit dans les hautes montagnes de la Tarlarie chine et du Tibet, où sa tige s'élève à la hauteur de 4 à 8 pieds, comme on la voit aussi ça et là cultivée dans nos jardins. Ses feuilles inférieures sont grandes et palmées. Une autre espèce la rhoubarbe du sud (Rh. australe), qu’on trouve dans les contrées méridionales des dites montagnes, surtout sur le mont Himalaya, prétend aussi être la véritable rhoubarbe. Ce sont sans doute les racines très semblables et de la même force de ces deux plantes, que de ces contrées-là par la Russie et les Indes orientales on fait entrer dans le commerce. L’Asie produit encore d’autres espèces par ex.: la rhoubarbe rhaponlic (Rh. Rhaponlicum). Voyez la fig. a. la racine coupée de la rhoubarbe palmée; b. le sommet d’un e lige en fleurs; c. une fleur détachée, grandeur naturelle.
Fig. 2. L'Acajou à pommes ou l’anacarde d’occident (Anacardium occidentale) quoiqu’il ait des fleurs à 10 étamines, est compté dans la neuvième classe, pareequ'il n’a que 9 étamines complètes ou entièrement développées, la dixième manquant d’anthère; d'ailleurs aux fleurs hermaphrodites sont encore mêlées d'autres, qui n’ont qu’un style et point d’étamines, de sorte qu'on devrait mettre cet arbre remarquable dans la 23ième ejasse. Originaire des Indes occidentales et de l’Amérique méridionale il fut transporté en Afrique et dans les Indes orientales. Il produit des noyaux réniformes, qu'il offre pour la nourriture de l’homme; mais c'est le réceptacle ou le pédoncule enflé en poire, sur lequel le noyau est placé (voyez la figure), qui est presque plus remarquable encore, étant 3 à 10 fois plus grand que celui là et plein d'un suc agréable, de sorte qu’il est de même très bon à manger.
Plantes de la dixième classe (Decandria).
A. Premier ordre (Monogynia).
Fig. 3. La casse séné (Cassia Senna) est une plante avec des feuilles pinnées et des fleurs jaunes, qui croît abondamment dans l’Egypte et l’Arabie, et dont les feuilles possèdent des vertus médicales. On vend les feuilles de séné dans toutes nos pharmacies comme excellent purgatif. Il y a dailleurs dans ces pays- là encore plusieurs espèces de Cassia, qui fournissent les feuilles ainsi nommées. L'espèce représentée, qui pour la distinguer des autres, porte encore le nom de C. oblusata, a de petites feuilles obtuses et des gousses plaltes, courbées (voyez fig. b. où l'on voit une gousse ouverte, et fig. c. où deux graines en sont représentées).
Fig. 4. Le brésillet de Fernambouc (Caesalpinia ou Guilandina echinala) croît naturellement dans l'intérieur du Brésil et nous fournit le bois de teinture renommé, qui sous le nom de bois rouge de Brésil ou bois de Fernambouc est transporté chez nous en bilols rouge-bruns ou presque noir-bleus de la grosseur d'un bras et dont l'incision fraîche est rouge-jaune. Ce n’est pas uniquement pour la teinture et la préparation de l'encre rouge qu’on emploie le bois de cet arbre épineux, mais
encore dans son pays sert-il de médicament. Il appartient aux plantes légumineuses (voyez fig. b. le fruit), et est garnie de feuilles doublement pinnées et de fleurs très odorantes.
Fig. 5. Le Gajac (Guajacum officinale) croît naturellement aux Antilles, d'où l'on transporte chez nous son bois extrêmement lourd et résineux, ainsi que la résine distillant de l’arbre. Tous les deux, le bois et la résine sont de très bons médicaments. Les feuilles de l’arbre sont bijugues et nues, et ses fleurs bleues-pâle sont suivies de capsules obeordiformes, rouge-jaunes à deux loges (voyez fig. b), dont chacune renferme une graine.
Fig. 6. La fraxinelle ou le dictante blanc (Dictamnus albus), belle plante indigène herbacée, dont la racine grosse pé- rénnante pousse chaque année une tige haute de 1 à 3 pieds, garnie de feuilles ailées et de fleurs en grappe droite. Ces Heurs sont grandes et exhalent une odeur agréable, très-forte; elles sont munies d'un calice court quinquefide, chargé de poils glanduleux et visqueux, et de 5 pétales roses, rarement blancs. L’ovaire quinquefide fait naître cinq capsules, connées ensemble à la base et chargées, comme le calice, de glandules rouges (voyez fig. b). C’est sur des montagnes et des collines exposées au soleil qu'on trouve cette plante en fleurs au mois de Juin, mais elle est aussi cultivée dans nos jardins d'agrément et sa racine contient des vertus médicales.
Fig. 7. La dorine à feuilles alternes ou l’Hepa- lique dorée (Chrysosplenium alternifolium), petite herbe, haute d’un doigt et chargée de feuilles alternes, réniformes-orbiculaires; elle croît dans les lieux humides et ombragés, où ses fleurs d’un jaune dorée nous saluent déjà tout au commencement du printemps. Le périanlhe n’est qu’un calice de 4 à 5 divisions, coloré de jaune. Les étamines sont placées autour d’un disque crénelé couronnant l'ovaire, elles sont à 8 dans les fleurs à 4 lobes (voyez fig. b) et à 10 dans celles à 5 lobes (voyez fig. c); seulement la fleur terminale de chaque branche est pourvue de 5 lobes et 10 étamines. Celle plante appartient au second ordre de la dixième classe, pareequ’au milieu du disque de l’ovaire il se trouve deux styles et c’est pourquoi on aurait du la citer sur la planche suivante près de la saxifrage (Planche XXII. fig. 8 et 9), avec laquelle elle a de très grands rapports. Celte espèce de même qu'une très semblable à feuilles opposées (Chrysosplenium oppo- sitifolium) fut employée autrefois comme médicament contre les maladies du foie et la splénalgie.
Fig. 8. Le bois de campé ch e (Haematoxylum campechia- num), arbre des Indes occidentales, qui surtout croit en abondance dans la baie deCampôche; appartient aussi à la famille des Légumineuses comme le bois de Fernambouc, et porte des feuilles pinnées en paires et les fleurs jaunes-citron en grappes axillées. Cet arbre fournit le soi-disant bois bleu, dont la matière colorante jaune-rouge possède des vertus médicales; c’est parliculèrement le bois intérieur rouge-foncé, qui est employé dans la teinture pour teindre en bleu, violet, brun et noir.
Fig. 9. Le quassier amer (Quassia amara), petit arbre ou tout aussi bien arbrisseau, qui croît naturellement à Surinam et dans le Brésil, portant des feuilles pinnées impaires sur des pétioles ailés, et des fleurs rouges-claires en grappes corymbifères. C'est lui, qui fournit le bois de Quassie ou bois amer, célèbre dans la médecine.
Un arbre semblable mais plus haut est le quassier élevé (Quassia excelsa), dont le bois a à peu-près les mêmes propriétés et que nous recevons sous le nom de quassier de Jamaïque, parceque cet arbre croît particulièrement dans l'ile de Jamaïque.
Fig, 10. L'aliboufier des boutiques (Styrax officinale). Cet arbrisseau ou arbre de 15 à 25 pieds de hauteur croît en Orient et fournit la résine, nommé slorax, qui depuis la plus haute antiquité est d’un grand usage dans les parfums et sert de remède. Ses fleurs renferment 10 à 14 étamines plus courtes que la corolle blanche infondibuliforme à 5 — 7 divisions, couverte en dehors d’un feutre poilu; il produit une drupe verdâtre, globuleuse, presque sèche, qui â la matûrilé s’ouvre en 3 valves.
Planche XXII.
Continuation des plantes du premier ordre de la dixième classe.
Fig. 1. La monolropa sucepin (Monotropa hypopilhys), pousse une tige simple, haute de 3 à 8 pouces d’une couleur jaune-paille très pâle comme toute la plante; elle n’a point de feuilles, mais des écailles pâles, qui les remplacent ; à la manière des jeunes pousses de l’asperge, ses fleurs de la même couleur que la tige et les écailles sont ramassées en un épi ou grappe penchée. Cette plante originale, qui n’a rien de vert et semble faite de cire, se trouve depuis le mois de Juin ou de Juille dans les bois au pied des pins et des hêtres, à la racine des quels elle s'attache au moyen de ses propres fibres. La fleur du sommet a dix étamines, 5 pétales et 5 sépales (voyez fig. b. une

