16
chemins, les murs, les collines exposées aü soleil ou les pâturages; son calice el composé de 5 sépales et sa corolle de 5 pétales échancrés. Celte plante porte ses petites semences dans une capsule allongée, s'ouvrant par dix dents à son sommet.
Fig. 8. La lychnide-nielle, vulgairement Nielle (Agro- slema Githago), qui est commune en été parmi les moissons, porte au sommet de la tige, haute de 1 •/* à 2 pieds, et des rameaux, si elle en produit l’un ou l'autre, une jolie fleur à 5 pétales purpurins dans un calice coriace, velu, à 10 côtes et qui se fend au sommet en 5 lanières longues et linéaires dépassant la corolle. Le fruit en est une capsule, qui au sommet s’ouvre par 5 dents et renferme des graines noires, employées en médécine.
Fig. 9. La lychnide fl eur-de-c o u cou ou lychnide la ci niée (Lychnis floscuculi), qui fleurit au commencement de l’été dans les prés humides, ale calice en cloche, marqué de dix angles de couleur pourpre, et la corolle à 5 petales d'un beau rose carné, dont la base est étroite en onglet el le limbe profondément quadrifide.
E. Sixième ordre de la dixième classe
Plantes à 10 élamines et 8—10 pistils ou styles. (Decandria Decagynia).
Fig. 10. La Phylolaque à 10 élamines ou raisin d’Amérique (Phylolacca decandra) est une plante indigène dans l’Amerique septentrionale, mais qui s’est aussi naturalisée aujourd’hui dans les pays voisins de la mer méditerranée el qu’on cultive dans nos jardins comme plante d'agrément. Elle produit des tiges herbacées, hautes de 4 à 6 pieds el garnies de fleurs en grappes. Ces fleurs sont munies d’un périanlhe simple blanc ou rougeâtre à 5 divisions, de 10 élamines et 10 styles; les baies qui leur succèdent, donnent une couleur rouge et sont employées dans la teinture.
Plantes du premier ordre de l’onzième classe. (Dodecandria Monogynia).
Fig. 11. Le rhizophore manglier ou arbre à mille pieds (Rhizophora Mangle — voyez dans la figure une branche en fleurs et l'autre avec deux fruits). C'est une des plus intéressantes plantes de notre terre, parcequ'elle ne s’enracine pas seulement dans le sol par la partie inférieure de son tronc, mais encore s’atlache-l-elle par des racines, qu’elle pousse du haut de son tronc, et de même ses branches el ses rameaux poussent- elles des racines, qui pendent et descendent jusqu’à terre. Ainsi cet arbre se garantit de la fureur des flots et des courants des rivières, car il croît sur les côtes de mers et au bord des rivières, surtout dans les Indes occidentales el dans l’Amérique méridionale, y formant fréquemment des forêts impénétrables. Les eaux inondant ses racines y déposent une quantité d'excellentes huîtres, qui restent attachées aux arbres; c’est pourquoi le manglier est aussi nommé l'arbre aux huîtres. Il apparlien- droit plutôt dans la huitième classe, ses fleurs ne renfermant que 8 étamines, si d’autres espèces de ce genre d’une organisation semblable ne fussent pourvues de fleurs avec 12 à 15 élamines.
Planche XXIV.
Continuation des plantes du premier ordre de l’onzième classe.
Fig. 1. L’asaret d'Europe ou le cabaret (Asarum euro- paeum) est une très basse plante, qui fleurit en Avril et en Mai, caché sous les buissons surtout tous les noisetiers dans les bois.
Il produit des feuilles réniformes, entre lesquelles naît une fleur pédonculée, munie d’un périanlhe simple à 3 divisions, brun- verdàtre à l’extérieur et rouge-foncé comme du sang à l’intérieur, renfermant 12 étamines (fig. b. une étamine détachée) et un style avec un stigme à six divistons ouvertes en étoile (fig. c). La racine, qui a un goût fort et une odeur aromatique, est émelique et possède des vertus médicales.
Fig. 2. La salicaire commune (Lylhrum salicaria) croit aux fossés, aux rivières, aux ruisseaux et dans les saussaies, où depuis Juillet jusqu'en Septembre ses fleurs rouges disposés en verlicilles et formant un long épis sur une tige haute de 2 à 4 pieds, charment l'oeil. Les feuilles lancéolées sont tantôt opposées, tantôt placées à trois ou quatre autour de la tige. Les fleurs ont un calice tubuleux, de 12 dents, et une corolle à six petales placés sur le bord du calice.
B. Plantes du second ordre de l’onzième classe. (Dodecandria Digynia).
Fig. 3. L'agrimoine officinale (Agrimonia Eupatoria) est une herbe, qui croit dans toute l'Europe le long des haies et
des chemins, au bord des champs, sur les collines el les pâturages secs. L’agrimoine pousse des liges hautes de 1 à 2 pieds, terminées de longs épis, dont les fleurs ont une corolle jaune à 5 pétales el un calice à 5 dents, hérissé à son tube de poils plus ou moins crochus; ce calice en croissant forme peu à peu une coque en glouteron, qui renferme 1 à 2 petites sémences (carpelles). Celte plante est du nombre des plantes officinales, mais on s’en sert rarement aujourd’hui.
C. Plantes du troisième ordre de l’onzième classe. (Dodecandria Trigynia).
Fig. 4. L’euphorbe Cyprès (Euphorbia cyparissias) a comme tous les euphorbes des fleurs bien singulières, entourées d’involucres et composées de 4 à 5 pétales luniformes ou à deux cornes (on peut aussi regarder ces pétales comme une sorte de glands) au bord d'un calice ventru à 4 ou 5 dents; il y a au milieu des étamines un ovaire pédonculé, qui dépasse la fleur et porte à son sommet trois styles bifides. Cet ovaire devient une capsule à trois coques, dont chacune contient une semence.
Il y a encore beaucoup d’espèces de ce genre, qui toutes contiennent un suc blanc plus ou moins vénéneux. L’Euphorbe Cyprès croît sur des pâturages el des collines sèches, exposées au soleil, et est distinguée par ses tiges hautes d’un empan ou plus et ses feuilles linéaires nombreuses el serrées.
Fig. 5. La gaude ou l'herbe à jaunir (Réséda luteola), plante de teinture, qui donne une belle couleur jaune ou brune el croît dans toute l'Europe aux endroits arides, exposés au soleil. Elle est du môme genre que le réséda odorant (Réséda odo- rala), connu paitout par son parfum agréable, quoiqu’elle en diffère beaucoup par ses feuilles entières el le nombre des étamines, dont 20 à 30 se trouvent dans une fleur (c’est pourcela qu’elle appartiendrait dans la treizième classe, si d'autres espèces de ce genre n’eussent moins d'étamines.
D. A douze pistils ou styles. (Dodecandria Dodecagynia.)
Fig. 6. La joubarbe des toits ou l'artichaut sauvage (Sempervivum leclorum), plante à feuilles charnues, qu'on trouve sur les murs et les toits. Sa lige haute d’un empan produit beaucoup de fleurs purpurines, dont toutes les parties, savoir les divisions du calice, les pétales, les élamines et les styles sont au nombre de douze. Le suc de celle plante charnue a des qualités médicales.
Douzième classe (Icosandra).
A. Plantes du premier ordre de la douzième classe. (Icosandria Monogynia.)
Fig. 7. Le goyavier pomme (Psidium pomiferum — a. une branche avec une fleur et un fruits; b. un fruit coupé horizontalement) croit dans l’Amérique méridionale comme le goyavier poire (Ps. pyriferum). Tous les deux portent d'excellents fruits en baie, qui ne possèdent pas seulement de salutaires propriétés médicales, mais aussi servent de nourriture à l’homme, vu qu'ils sont d’un très bon goût; c’est la forme de prunes rondes ou de petites pommes chez celui-là, et de poires chez celui-ci.
Fig. 8. Le nopal ou caclier à cochenilles (Cactus cochenillifer). C'est celte plante intéressante de l'Amérique méridionale et des Indes occidentales, sur laquelle on trouve et entretient un petit insecte, qui nous fournil la précieuse matière colorante, la cochenille américaine. Des articulations en forme de disques ovales, charnus, armés d'aiguillons, implantées les unes sur les autres, composent la tige, et c'est sur ces disques que naissent les fleurs, dont les nombreux pétales sont étalés en rosette; il leur succède des fruits, qui sont bons à manger, cependant ceux d’une autre espèce de ce genre, qui s’appelle le figuier d'Inde (Cactus opuntia), aussi originaire de l'Amérique méridionale, mais naturalisée àprésent au sud de l'Espagne et sur la côte de Barbarie, sont encore plus récherchés. On voit aussi souvent dans les serres d’autres espèces remarquables de ce genre de plantes.
Fig. 9. Le jasmin balard (Philadelphus coronarius) n’appartient pas au genre de plantes, dont nous avous représenté une espèce sur la première planche (fig 10. le jasmin officinal), ce n’est que l’odeur de ses fleurs, qui a quelques rapports avec plusieurs espèces de jasmin véritable. C’est un arbrisseau, originaire de l’Asie, mais cultivé et recherché depuis longtemps dans nos jardins, appelé aussi le seringat odorant. Les fleurs ont un calice à 4 lobes (voyez fig. b. où l'on remarque aussi le style à 4 stigmates) et 4 pétales, rarement 5.
Fig. 10. Le giroflier aromatique (Caryophyllus aro- maticus ou Eugenia caryophyllala), originaire des Moluques, nous fournil par ses boulons encore fermés (voyez b ), qu'on sèche, les soi-disant clous de girofle, dont on assaisonne toute sorte de mets; on en retire aussi l'huile de girofle, employée en médécine.

