poivre très agréable, une espèce d'assaisonnement, que nous lirons de lItalie, de la Grèce et de l'Orient, cet arbrisseau épineux croit naturellement. Ces boutons donnent naissance à de grandes fleurs blanches ou rougeâtres, composées d'un calice à 4 divisions, de 4 pétales, de nombreuses étamines et dun ovaire longuement pétiolé.

Fig. 9. Léclaire ou la gran de chéli doine (Chelidonium majus) se trouve abondamment dans toute lEurope contre les échaliers et les murs ombrés, elle est haute dun pied ou plus et contient dans toutes ses parties un suc jaune âcre et vénéneux, ayant des propriétés médicales. Les fleurs jaunes ont une corolle à 4 pétales et un calice à deux sépales, tombant aussitôt que la fleur s'épanouit. Le fruit est une silique linéaire à nombreuses graines.

Fig. 10. Le pavot coquelicot (Papaver rhoeas) orne en été nos moissons de ses grandes fleurs rouge-écarlates, composées de 4 pétales et dun calice vert à 2 sépales se détachant aussitôt à lépanouissement de la fleur. Au milieu des étamines nombreuses se trouve un ovaire avec un stigmate élargi en bouclier rayon­nant. Cest de cet ovaire, que se forme une capsule grosse ar­rondie, qui contient une quantité de petites graines et souvre sous le stigmate par beaucoup de trous.

Fig. 11. Le pavot des jardins ou somnifère (Papaver somniferum). Celle plante, originaire du Levant, est cultivée très fréquemment dans nos pays comme plante d'huile et dans nos jardins comme plante dagrément à fleurs doubles. Sa corolle de couleur rose-pâle, lilas ou blanche est plus grand encore que celle du pavot coquelicot. Ses grandes capsules renferment une éton­nante quantité de graines, dont on retire lexcellente huile doeil­lette. Cest le suc vénéneux épaissi des capsules non mûres éraf­lées, qui produit lopium somnifère, narcotique, préparé dans les tropiques, notamment aux Indes orientales.

Plauche WYII.

Fig. 18. Continuation du premier ordre de la cin­

quième classe (Polyandria Monogynia).

Fig. 1. L'herbe de Saint-Christophe (Actæa spicala) croit solitaire dans les bois montagneux, fleurit en Juin et sélève à la hauteur de 1 à 2 pieds. Sa racine est noire; ses feuilles sont tripinnées et les petites fleurs blanches disposées en une grappe serrée; il leur succède des baies noires vénéneuses (comme toute la plante) et propres à teindre en noir au moyen de lalun.

Fig. 2. Le lis des étangs ou Nénuphar blanc (Nym- phæa alba a. la fleur; b. la feuille; c. le fruit) est sans doute la plus belle de nos plantes aquatiques dEurope. Elle couvre de ses feuilles presque circulaires, profondément fendues à leur base, la surface des étangs et des eaux tranquilles, produit de grandes fleurs blanches, odorantes, composées dun calice à 4 sépales et de beaucoup de pétales, un fruit globuleux, semblable extérieure­ment à la capsule du pavot.

Fig. 3. Le tilleul dEurope (Tilia europæa) est ce bel arbre à feuilles arrondies-cordiformes, aigues, distingué par sa cime toüffue arrondie. Les fleurs sont pourvues dun calice quinque- fide et de 5 pétales blanche-jaunâtres, réunies ordinairement 5 à 9 ensemble dans un corymbe et portées sur un pédoncule universel, auquel se trouve connée à demi une longue bractée jaunâtre. On distingue le tilleul à grandes feuilles (T. grandifolia), qui fleurit en Mai et Juin et le tilleul à petites feuilles (T. par- vifolia) représenté dans notre figure, qui fleurit un mois plus tard.

Fig. 4. Le mamei dAmérique ou apricotier de Saint- Domingue (Mammea amcricana a. une branche avec des feuilles, une fleur ouverte et deux boulons encore fermés; b. une petite branche avec un fruit; c. le fruit coupé, d sélève la coquille à trois loges). Cet arbre croit aux Antilles et sélève à la hauteur de 60 à 70 pieds; il produit des fleurs très odorantes et un grand fruit délicieux, tantôt angulaire-arrondi, tantôt par­faitement rond, dont la chair dun goût agréable renferme une coque de 3 à 4 loges avec 3 à 4 noyaux. On mange le fruit ou cru ou macéré dans du vin, du sucre et des aromates, et lon en prépare des marmelades; mais il faut avoir soin denlever dabord lécorce intérieure amère, cachée sous son écorce coriace extérieure.

Fig. 5. Le rocouyer dAmérique (Bixa orellana) croit dans lAmérique méridionale comme aux Indes occidentales, il atteint à la hauteur de 15 à 30 pieds et porte de grandes feu­illes et des fleurs roses de grandeur considérable (la branche en fleurs de la figure est diminuée jusquau-de de la moitié). Il produit des capsules à deux valves (voyez b. diminué), renfermant 8 à 10 semences enveloppées dune pulpe colorée farineuse. Cest de la pulpe du fruit, dont on prépare la matière colorante rouge, connue sous le nom de rocou, que nous lirons du commerce pour lusage de la peinture et de la teinture. Les graines sont employées pour fortifier lestomac et pour assaisonner des mets.

Fig. 6. Le thé vert ou de Chine (Thea chinensis) est in­digène et cultivé en Chine et en Japon, on le dit d'une hau­teur de 20 à 30 pieds, tandis que dans les cultures il nest or­dinairement haut que de 56 pieds. Les fleurs sont munies dun calice de 5 à 6 divisions et de 6 à 9 pétales; le fruit est une capsule à 3 loges avec 3 graines. Ce sont les feuilles de cette plante, qui depuis la plus haute antiquité sont employées en Chine et dans le Japon pour préparer la boisson connue sous le nom de thé. Lusage du thé sest introduit en Europe depuis le milieu du 17. siècle. On distingue surtout le thé vert et le thé" bou dans le commerce; celui- est vert-grisâtre et plus aromatique, celui-ci brun ou noir, pareequon le met tremper dans leau bouil­lante avant de rouler les feuilles. Les botanistes distinguent Thea viridis, Th. Bohea et Thea stricta, ce qui ne sont que des varié­tés de ces espèces.

Fig. 7. Lhélian thè m e commun ou lherbe dor, aussi nommé fleur de soleil (Cislus Helianlhemum ou Ilelianthemum vulgare) est une herbe basse ou petit arbuste avec des liges pres­que couchées et des rameaux montants, terminés par peu de fleurs jaunes dor, qui nous charment depuis le mois de Mai jusquen Juillet sur des collines et des pâturages exposées au soleil; le calice est composé de 5 sépales inégaux, dont trois sont plus grands et deux plus petits; la corolle de 5 pétales égaux, qui a leur base ont une teinte plus foncée, jaune rougeâtre.

11 y a encore beaucoup dautres espèces de ce genre, qui porte le nom dIlélianthème, ou de Cistus, qui sont de grands ar­brisseaux ornant les contrées de lEurope méridionale notamment celles de la Méditerrané.

Fig. 8. Le ci tr o n n i e r-L i m o ni e r (Citrus medica a. une branche en fleurs; b. une branche en fruits mûrs) croit natu­rellement dans lAsie tempérée, il sélève â la hauteur de 30 à 60 pieds; cest à cause de ses fruits quon le cultive depuis les temps les plus reculés dans le midi de lEurope, surtout en Italie et même chez nous dans les serres. Ses fleurs blanches sont très odorantes, et son fruit, qui est une grande baie à 10 12 loges, nous fournit par son écorce lhuile aromatique de citron et par sa pulpe succulente lacide de citron.

Second ordre de la treizième classe (Polyandria Digynia).

Fig. 9. La pivoine officinale ou pione (Pæonia offici- nalis) croit spontanée dans les boi3 montagneux de lEurope sep­tentrionale et cultivée pour lornement dans nos jardins, elle produit ordinairement des fleurs très-doubles. Ses fleurs générale­ment rouge-foncées renferment 2 à 3 pistils, se dévéloppant en capsules. Ses pétales et ses semences sont officinales. Cest vers la Pentecôte, quelle se pare de ses grandes fleurs.

Troisième ordre de la treizième classe (Polyandria Trigynia).

Fig. 10. Le pied dalouette des champs ou la dau- phinelle consoude (Delphinium Consolida) est une plante an­nuelle , qui nous présente ses fleurs bleues en été abondamment dans nos champs parmi le blé. Le supérieure des cinq folioles extérieurs du périanlhe se prolonge à sa base en un long épéron, comme chez toutes les espèces des dauphinelles ; les 4 inférieurs (regardés comme pétales par quelques-uns et comme nectaires par dautres) sont réunis en une sorte de bonnet. Celle plante nayant quun seul pistil à un style simple, suivi dune capsule solitaire à plusieurs graines, appartiendrait au premier ordre de la treizième classe, si les fleurs de la plupart des autres espèces de ce genre ne seraient munies de 3 styles.

Planche X WHI.

Continuation des plantes du troisième ordre de la treizième

classe.

Fig. 1. Laconit jaune ou Tue-loup (Aconilum Lycocto- num) est du nombre des fortes plantes vénéneuses et croît dans nos bois montagneux. Les aconits, dont il y a différentes espèces dans les hautes montagnes, notamment dans les alpes, ont des fleurs bleues ou jaunes dune singulière organisation. Le périanlhe extérieure est composé de 5 folioles, dont le supérieur est le plus grand, dressé et en forme dun haut bonnet dans quelques espèces (voyez notre figure), en casque dans dautres; le périanlhe intérieur se compose de 2 folioles longuement pétiolés, cachés sous le bonnet ou le casque et nommés nectaires.

Quatrième ordre de la treizième classe (Polyandria Tetragynia).

Fig. 2. Le péki butireux (Caryocar butyrosum) croit dans les forêts de la Guiane et du Brésil, on le cultive fréquemment à cause de ses graines ou amandes bonnes à manger. Il sélève à la hauteur denviron 80 pieds, produit de grandes feuilles di-