tisane, comme on en use avec la menthe poivrée, est distinguée par ses feuilles, dont le bord est plus ou moins crépu. Quelques uns ne la croient qu'une variété de la menthe aquatique (M. aqualica) qui croit chez nous au bord des eaux. La fig. 6. représente le calice quinquelobé et c. une fleur complète de la menthe crépue.
Fig. 8. La mélisse officinale (Melissa officinalis) croit naturellement au sud de l’Europe, mais elle a été reçue partout dans nos jardins pour les qualités excellentes de ses feuilles odorantes et aromatiques. L’odeur des feuilles ressemble plus ou moins à celui des citrons, et les fleurs blanches ou légèrement rougeâtres sont portées sur des pédoncules rameux dans les aisselles des feuilles et tournés d’un même côté.
Fig. 9. La lavande spic, vulgairement l’a s p ic (Lavandula spica). Ce petit arbuste, haut d’un à deux pieds et garni de feuilles linéaires et de fleurs bleues en épis interrompus à la base, est commun dans l'Europe méridionale sur les collines et les montagnes exposées au soleil et dans nos jardins. Les feuilles et les épis en fleurs entrent en médécine et l’on en retire l’odorante huile de lavande. Fig. b. la corolle de la fleur de lavande, grossie et un peu fendue, de sorte qu'on voit les 4 étamines à peine différantes en longueur.
Fig. 10. La marjolaine ou l'origan marjolaine (Ori- ganum Majorana) croit naturellement dans la Grèce et en Orient jusqu’aux Indes orientales, et est cultivée chez nous dans les jardins. Il s'élève à la hauteur de 1 à l 1 /* pieds, portant ses fleurs en têtes globuleuses, munies d’involucres circulairs et pointus, entre les qu’elles s’élèvent les petites fleurs. Cette plante aromatique dans toutes ses parties est célèbre dans la cuisine comme dans la pharmacie.
Fig. 11. L’origan commun (Origanum vulgare) fleurit chez nous en Juillet et Août sur des collines exposées au soleil, porte des bractées colorées entre les fleurs rougeâtres odorantes. On lui attribue des vertus médicales. Voyez b. une fleur détachée, un peu grossie.
Planche XXX.
Fig. 1. La germandrée petit-chène (Teucrium Chamae- drys) est un petit arbuste poussant plusieurs tiges, hautes de 6 à 12 pouces, garnies vers leur sommet de fleurs rouges, dont la corolle ne consiste que dans une lèvre inférieure (toutes les ger- mandrées manquent de lèvre supérieure); celle lèvre inférieure est trilobée, mais le grand lobe du milieu étant un peu divisé, on pourrait aussi la dire quadrilobée. Quoiqu’il y ait 4 étamines, on n’en voit que 2 ou 3 dans la figure, pareeque parfois l’une ou l'autre est déjà tombée ou s’est-elle cachée entre les lobes de la lèvre inférieure. Celte plante se rencontre sur des montagnes et des coteaux secs, exposés au soleil, particulièrement dans un sol calcaire, où elle fleurit depuis Juin jusqu’en Août. La germandrée Botrys (T. Botrys), qui se trouve aux mômes endroits et porte de semblables fleurs rouges, est distinguée par ses feuilles laciniées-bipinnatifidcs. Ces deux espèces possédaient autrefois une grande célébrité médicale.
Fig. 2. La germandrée faux-pin (Teucrium Chamaepi- thys), petite herbe, qu’on trouve dans les champs et les vignes, a des feuilles velues à divisions linéaires. Les fleures jaunes (voyez b. une fleur détachée), placées dans les aisselles des feuilles, sont marqués de points rouges à la gorge. Toute la plante a une odeur agréable et un goût amer aromatique, ce qui annonce ses vertus médicales.
Fig. 3. La germandrée Marum (Teucrium Marum) est un petit arbuste, que produisent les rochers près de la mer médi- terrannée, et qu’on voit souvent chez nous dans les pols-de-fleurs. Les feuilles de cette plante sont petites, grises en dessus et couvertes d'un feûtre blanc endessous, exhalant un parfum semblable à l'odeur de camphre, très agréable surtout aux chats.
Fig. 4. La sarriette des jardins (Satureja horlensis) est une plante d’été à feuilles linéaires, qu’on rencontre fréquemment dans nos jardins potagers, ses tiges et feuilles étant un aromate recherché, employé pour assaisonner les haricots, quand on les cuit ou confit. Elle s'élève à la hauteur de */* — 1 pied et se divise en nombreux rameaux avec des fleurs tantôt rouges-pâles, tantôt blanches.
Fig. 5. L’hysope officinale (Hyssopus officinalis). C’est aussi une plante très aromatique, dont la réputation médicale remonte à la plus haute antiquité; on la rencontre souvent dans nos jardins. Ses fleurs sont bleues, roses ou blanches. Elle lire son origine des pays du midi de l’Europe, a la tige ligneuse et atteint à la hauteur de 1—2 pieds.
Fig. 6. Le basilic commun (Ocymum Basilicum) est indigène dans l'Asie méridionale, mais on le cultive souvent chez nous, surtout dans des pots-de-fleurs, pour l'odeur agréable de
ses feuilles. C’est dans les Indes orientales, qu’on se sert généralement de cette plante pour préparer delà tisane, comme chez nous on emploie la melisse. Le basilic est annuel et haut de 1 à 1 */ 2 pieds, la partie inférieure de la tige est garnie de feuilles beaucoup plus grandes que celles des rameaux.
Fig. 7. La bougie rampante (Ajuga replans) fleurit en Mai et Juin sur les prés humides des montagnes et les pelouses des forêts; c’est à la base de la lige que sortent des rejets rampants, les fleurs bleues à lèvre supérieure courte sont disposées en verticilles rapprochés. On en trouve quelquefois des variétés à fleurs roses ou blanches.
Fig. 8. Le lamier blanc ou l’ortie blanche (Lamium album) est très commune le long des échaliers et des haies, a les fleurs blanches réunis souvent 20 ensemble en verticilles. Les abeilles retirent beaucoup de miel de ses fleurs. Jadis on l'employait en médécine. Les Lamiers sont très faciles à reconnaître par la corolle, dont la lèvre supérieure est voûtée, la gorge munie d’une dent de chaque côté sur les bords, et la lèvre inférieure bilobée.
Fig. 9. Le galéope piquant (Galeopsis Telrahit) se trouve en fleurs au plus fort de l’été jusqu’en Septembre dans les champs et les buissons, pousse des tiges rameuses, haut de 2 pieds, renflées en dessous de chaques articulations et hérissées de poils roides. Toutes les espèces de Galéope ont le calice muni de dents roides épineuses, la corolle à lèvre supérieur voûtée, et la lèvre inférieure présentant à sa base deux bosses ou dents concaves. La fig. a. représente la partie supérieure de la plante diminuée, fig. b. le calice où l’on remarque 4 carpelles (semences nues selon quelques auteurs), fig. c. la corolle avec les étamines.
Fig. 10. Le galéope ladane (Galeopsis La danum —
a. toute la plante diminué; b. une feuille en grandeur naturelle; c. une fleur de même) est plus petit que le précédent et non renflé aux articulations de la tige; ses fleurs sont purpurines; il croit particulièrement dans les moissons et les champs en friche. Une variété de la plante représentée a les feuilles bien plus étroits.
Fig. 11- Le galéobdolon jaune (Galeobdolon luteum). Celte plante en apparence ressemble beaucoup aux Lamiers et paraît parée de ses fleurs jaunes d’or en Mai et Juin dans les contrées montagneuses et couvertes de forêts ou dans les buissons humides. Elle a la hauteur du lamier blanc (la fig. a. ne la représente que diminuée) ; la lèvre supérieure est voûtée, tandisque la lèvre inférieure se trouve divisée en 3 lobes pointus.
Fig. 12. Le lierre terrestre ou l’asserette (Glechoma hederacea) se trouve en fleurs déjà tout au commencement du printemps jusqu'en Mai aux murs, dans les buissons et sur les pelouses, pousse une tige rampante garnie de feuilles réniforme- circulaires, crénelées, et de fleurs bleues, dont les anthères forment deux à deux ensemble une croix blanche. Les feuilles d'une odeur aromatique furent autrefois employées en médécine.
Planche XXXI.
Continuation des Labiées ou des plantes du premier ordre de la quartorzième classe.
Fig. 1. L’épiaire des bois ou l’ortie puante (Stachys silvalica) est aussi du genre des Labiées et fleurit depuis le mois de Juin jusqu'en Août dans les bois ombragés et les buissons humides. Celte plante produit de grandes feuilles velues cordifor- mes-ovales et des fleurs rouges foncées, tachetées de blanc et disposées à 6 en verticilles, formant ensemble un épi garni de feuilles. Toute l'herbe à une odeur très désagréable, un goût amer et fut autrefois employée en médécine.
Fig. 2. L’épiaire des marais (Stachys paluslris — Fig- a- la partie supérieure de la tige avec un épi en fleurs, diminué;
b. une fleur en grandeur naturelle) pousse une tige haute de l 1 /* à 4 pieds, garnie de feuilles lancéolées, amplexicaules, crénelées, et de fleurs purpurines, marquées de taches sur la lèvre inférieure, en verticilles de G à 10 fleurs, formant un épi terminal. On le trouve en fleurs depuis Juin jusqu’en Septembre le long des fossés, des ruisseaux et des rivières, souvent aussi dans les champs.
Le genre Epiaire est généralement reconnu en ce que les deux étamines plus courtes de chaque fleur, qui commence à se flétrir, sont contournées et déjetées de la gorge sur les côtés.
Fig. 3. La ballote noire ou fétide (Ballota nigra) est une herbe exhalant une odeur désagréable et qu’on trouve fréquemment aux murs, aux échaliers et sur des monceaux de décombres. Elle ressemble au Lamier rouge, mais on l'en distingue facilement et la reconnaît en ce que les fleurs ne forment pas précisément des verticilles, mais sortent en bouquets serrés courlement pédonculés des aisselles des feuilles, les deux opposés étant presque toujours tournés du même côté; enfin en ce que les calices à 10 strie» sont entourés à la base de bractéoles (voyez Fig. b.).

