nisles capitule ou calalhide. L'illustre Linné, dont nous avons adopté le système dans lordre de nos planches, appelle l'assemblage de ces petites fleurs sur un réceptacle commun Po­lygamie et divise la classe suivant la structure et disposition des fleurettes du capitule en cinq ordres, les intitulant de la manière suivante: 1. Polygamie égale (Syngenesia Polygamia aqualis ou plus court Syngenesia aqualis), 2. Polygamie superflue (Syng. Polyg. superflus), 3. Polygamie frustraine (Syng. Polyg. fruslranea), 4. Polygamie nécéssaire (Syng. Polyg. necessaria) et 5. Polygamie séparée (Syng. Polyg. se- gregata). Pour comprendre ces termes, il faut dabord savoir que la calalhide (le capitule) ne renferme pa3 toujours des fleu­rettes de la même sorte, mais fréquemment de deux sortes. On applique le nom de Polygamie égale (premier ordre), quand toutes les fleurettes de la calalhide sont des fleurettes hermaphro­dites fertiles. Mais lorsque les fleurs du bord de la calathide sont femelles (c'est-à-dire n'ont quun pistil et point détamines) et fertiles, produisant des semences de môme que les fleurs her­maphrodites, qui formant le disque, il y a Polygamie super­flue (second ordre). La Polygamie frustraine (troisième ordre) a lieu, quand les fleurs du bord sont neutres (dépourvues détamines et de pistil), de sorte quelle ne peuvent produire des semences, tandis que les fleurs du disque sont hermaphrodites et fertiles. On dit Polygamie nécéssaire (quatrième ordre), si les fleurettes du bord sont femelles (pourvues dun pistil, mais manquant détamines) et fertiles, tandis que les fleurettes herma­phrodites ou mâles sont stériles. Enfin la calathide étant organisée de manière, quil nexiste pas de calice commun et qu'au con­traire chaque fleurette possède un calice ou involucre propre, celle organisation est nommé Polygamie séparée (cinquième ordre). Du reste ce nest pas seulement dans les organes de la fructification mais encore dans les corolles des fleurettes, quil existe quelque différence, principalement en ce quelles sont ou ligulées (allongées en languette) ou tubulées. 11 y a des calalhides (capitules), dont toutes les fleurettes sont ligulées (par ex. dans toutes les espèces, représentées sur la planche 40. et dans les trois premières figures de la planche suivante) et dau­tres, dont toutes les fleurs sont tubulées (voyez la planche 41. fig. 4 10. et quelques espèces de la planche 42.). Enfin y a-t-il des capitules, dont les fleurettes du bord sont ligulées, tandis que celles, qui forment le disque, sont tubulées, de sorte que les dernières sont entourées des premières comme de rayons (voyez les planches 43 et 44). Les fruits, qui dans celle famille ou classe naissent des nombreuses fleurettes, sont toujours de petits fruits à une graine, nommés akènes, appellés aussi tout bonnement graines ou semences, dont le sommet est orné pour la plupart d'une aigrette.

C'est à présent, que nous allons passer en revue les plantes de celle famille, réprésenlées sur nos planches, dabord les espèces, appartenant au premier ordre.

Planche XL.

Plantes du premier ordre de la dix-neuvième classe. (Syngenesia æqualis).

Fig. 1. La scorsonère d'Espagne (Scorzonera hispanica), qu'on cultive chez nous pour ses racines saines, très bonnes à manger, noires à l'extérieur et blanches à l'intérieur, croît natu­rellement en Espagne et en Orient. Les fleurs jaunes ligulées sont réunies dans un capitule, dont l'involucre commun (le soit disant calice) est composé de folioles imbriquées les unes sur les autres. Les graines sont surmontées dune aigrette plumeuse, blanche (voyez b. une fleurette ligulée, détachée, grossie, l'on remarque à la base la semence non-mûre avec laigrette).

Fig. 2. Le salsifis des prés (Tragopogon pralense) abonde dans nos prés, il développe ses grands capitules en fleurs jaunes depuis la fin de Mai jusqu'en Juillet. Il se distingue de la scorsonère, dont il tient beaucoup, particulièrement par l'in- volucre de la calalhide (le calice commun), qui est aussi long que la fleur et composé de 8 folioles égales. Laigrette des akènes (graines) est plumeuse et pédicellée (voyez b. une seule graine persistant sur le réceptacle). La racine laiteuse tout aussi bien que les jeunes pousses de cette plante sont bonnes à manger.

Fig. 3. La laitue fétide (Lactuca virosa), dont les capi­tules en fleurs jaunes-pâles ont de très grands rapports avec la laitue cultivée, s'en distingue par les feuilles sagittées à la base, bordées de dents aigues et garnies en leur face inférieure de petites épines, rangées sur la côte du milieu. Celte plante trahit le fort poison, quelle renferme, par une odeur narcotique, très désagréable, et fleurit en Juillet et en Août dans les lieux incultes et les haies.

Fig. 4. Le pissenlit officinal ou dent de lion (Leon- tondon Taraxacum ou Taraxacum officinale) est très commun dans les prés et le long des chemins, porte un grand nombre de

feuilles radicales roncinées-dentées, et des capitules jaunes soli­taires sur des hampes nues et creuses. Un second calice exté­rieur, composé de folioles déjelées en dehors, se trouve à la base du calice commun, qui entoure le capitule des fleurs ligulées jaunes. Cest après la floraison que paraissent les nombreuses graines, qui surmontées de leurs aigrettes plumeuses, pédiccllées, forment une boule blanche (voyez fig. b.), divertissant extrêmement] les enfants, qui y soufflent pour que les graines senvolent au] moyen de leurs aigrettes. Le bétail aime beaucoup se nourrir»; de cette plante, tandis que l'homme sen sert en médécine.

Fig. 5. Le léontodon dautomne (Leontodon aulumnale ou Apargia autumnalis a. la partie supérieure de la lige avec les capitules en fleurs; b. une feuille radicale; c. le capitule en fruits mûrs, dont les aigrettes forment ensemble une boule) dif­fère de lespèce précédente par une tige rameuse et des capitules plus petits, dont linvolucre ou le calice est formé de folioles imbriquées ; laigrette plumeuse de ses fruits (akènes ou graines) est sessile. Il fleurit sur les collines et au- bord des chemins vers la fin de l'été et en automne.

Fig. 6. Le lampsane fétide (Lampsana ou Hyoseris foelida a. toute la plante, un peu diminuée; b. une fleurette détachée, grandeur naturelle) est une plante des hautes montagnes, notam- ir ment des Alpes, qui nest haute que dun doigt à un empan. La/, racine et les feuilles roncinécs-pinnalifides ont une très mauvaise odeur; ie calice commun du capitule en fleurs est entouré à la base dun second calice bien plus petit, et les fruits (akènes ou graines) sont dépourvues daigrette.;

Fig. 7. La picride épervière (Picris hieracioides) croit partout abondamment dans les prés des bois et au bord des che­mins, pousse une lige droite, rude, garnie de feuilles lancéolées embrassantes, et de plusieurs capitules en fleurs jaunes, dont les pédoncules sont chargés de très petites folioles écailleuses. L'ai­grette blanche et plumeuse des graines est pédicellée.

Fig. 8. Le laitron des potagers (Sonchus oleraceus) est une des herbes les plus communes dans nos jardins potagers, aux chemins et aux murs, sélève à la hauteur de 1 à l 1 /, pieds et fait couler à la moindre blessure un suc laiteux de la lige et des feuilles. Celte plante est une excellente nourriture pour les oisons. Une chevelure (aigrette) blanche et simple orne le sommet des graines.

Fig. 9. La piloselle ou loreille de souris (Hieracium Pilosella) appartient au genre des épervière s, riche en espèces différentes. Elle se trouve en abondance le long des chemins, sur les revers et les murs et nest haute que dun doigt à un empan, émet des rejets rampants, garnis de feuilles, qui endes- sous sont chargées d'un feutre blanchâtre poilu. Les aigrettes des graines (akènes) sont simples et sessiles comme dans toutes les épervières.

Fig. 10. Le crépis commun (Crépis lectorum) est très commun dans quelques contrées, il croît sur les murs, les toits et dans les moissons, pousse une tige rameuse, haute de 1 à l 1 /* pieds, garnie de nombreux capitules en fleurs jaunes, dont le calice ou involucre est entouré à la bas de folioles étroites, représentant un second calice extérieur (voyez fig. c., ou un capi­tule est représenté, grandeur naturelle). L'aigrette est simple et sessile comme dans les épervières.

Planche XLI.

Continuation des plantes du premier ordre de la dix-neu­vième classe (Syngenesia aequalis).

Fig. 1. La laitue des murs (Prenanthes muralis) se trouve en fleurs au milieu de l'été dans les bois et sur les murs; elle porte ses petits capitules, ne renfermant chacun que cinq fleurettes jaunes ligulées, disposées en une panicule lâche et étalée sur une lige glabre, haute de 1 */* à 3 pieds et garnie de feuilles, dont les inférieures sont pinnatifides-lyrées, les supérieures moins dé­coupées. Une aigrette à poils simples, supportée par un court pédicelle, orne les graines.

Fig. 2. La chondrille jonciforme (Chondrilla juncea) croît dans les lieux incultes et les champs sablonneux, elle s'élève à la hauteur de 3 à 5 pieds. Elle porte des feuilles radi­cales découpées et des feuilles caulinaires étroites entières, dis­posées le long de la tige rameuse couverte de poils durs dans le bas et nue vers le haut. Les capitules étroits, presque sessils, qui ne renferment qu'un très petit nombre de fleurettes jaunes, li­gulées, ont le calice commun (linvolucre) à 8 folioles égales et muni à la base de courtes écailles, qui forment un second invo­lucre. Les graines sont surmontées d'une aigrette simple, pédi­cellée. Un suc laiteux sort des tiges et des feuilles, lorsquon y fait une blessure.

Fig. 3. La Cichorée sauvage (Cichorium inlybus) abonda