dans cette classe, des graminées, des cyperacées, des herbes, des arbrisseaux et des arbres, surtout beaucoup de nos bois (voyez fig. 10. sur la planche présente, ensuite 6, 7, 8, 9, 11 sur la suivante, et 2, 3, 4, 5 sur la planche XLVIII ).
Fig. 1. L'arbre à pain ou le Jaquier à feuilles découpées (Artocarpus incisa) croit particulièrement dans les mers du Sud, surtout aux Moluques, où il forme la nourriture principale des habitants. Ses feuilles sont très grandes, à 7 ou 9 lobes (une branche diminuée est représentée sur notre planche) et d’une longueur de 1 *■/* pieds sur une largeur de 9 à 12 pouces. Les fleurs mâles, réunies en grand nombre en chatons pendants cylindriques, n'ont qu’une étamine; les fleurs féinelles sont disposées en globe et se soudent ensemble en formant le fruit, qui peu à peu devient grand comme une tête d’enfant, parfois même comme une tête d’homme. C’est ce fruit, qu’on cueille à l’état non-mûr, le coupe en tranches, et le fait rôtir ou griller dans les fours comme le pain, d'ailleurs on le prépare et le mange encore de manières différentes. Cet excellent arbre porte en abondence pendant toute l'année ses fruits, qu'on dit tellement nutritifs que 3 arbres suffissent pour la nourriture d'un homme pendant l’année.
Fig. 2. La massette à feuilles larges (Typha latifolia) est une plante intéressante et utile à la fois, qui croit dans les étangs et les marais et atteint à la hauteur de 5 à 6 pieds. Ses feuilles larges, presque en épée sont employées pour boucher les joints des futailles. C’est en Juin et Juillet que les tiges cylindriques développent deux chatons ou épis, dont le supérieur jaune est composé de fleurs mâles à 3 élaminés (voyez fig. c. — une fleur mâle, détachée, grossie) et l'inférieur brun, cylindrique, long de 4 à 6 pouces, est formé de fleurs fémelles innombrables, réunies étroitement, dont le style est entouré de poils (voyez fig. b. — une fleur fémelle, détachée, grossie), de sorte que plus tard les graines paraissent enveloppées d’une espèce de laine, qui sert à faire des coussins et des couvertures, et mêlée au colon s’emploie pour filer, les chirurgiens même en font usage. Il y a dans nos étangs une espèce très analogue à feuilles plus étroites (Typha anguslifolia).
Fig. 3. Le ruban d’eau à tige simple (Sparganium simplex) croit dans les fossés aquatiques et les marais, pousse une tige simple, haute de 1 à 1 ‘/ a pieds, garnie de feuilles étroites planes et de capitules globuleux, dont les supérieurs renferment des fleurs mâles à trois étamines, tandis que ceux, qui sont placés audessous, contiennent les fleurs fémelles, d’oû naissent les fruits, formant ensemble lors de la mâturilé un globe hérissé. C’est aux mêmes endroits que se trouve aussi une espèce plus grande à tige rameuse (Sparganium ramosum).
Fig. 4. Le maïs cultivé (Zea Mais) s’appelle aussi blé de Turquie, quoiqu’il se distingue beaucoup des espèces de blé placées dans la troisième classe, ses organes mâles et fémelles étant disposés sur des rameaux différents. Les fleurs mâles sont réunies dans un épi rameux paniculé au sommet d’une lige de la hauteur d’un homme ou plus et renferment 3 étamines (voyez fig. b. une épilette mâle, grosseur naturelle). Les fleurs fémelles forment ensemble des épis gros cylindriques, qui naissent des aisselles des feuilles inférieures et sont enveloppés par plusieurs gaines membraneuses et foliacées; elles ont des styles très longs sortant ensemblè comme des tresses du sommet de l’épi. Après avoir ôté les gaines, l’épi mûr a un aspect très joli par ses graines jaunes ou rouges, placées régulièrement par séries (voyez fig. c.) et fournit une bonne nourriture pour les hommes comme pour les animaux. Cette graminée grande et utile nous est parvenue de l'Amérique chaude, fut d’abord cultivée dans la Turquie, puis dans l'Ualie, et est reçue à présent dans les pays d’Europe, qui ne sont pas trop septentrionaux.
Fig. 5. La laie h e des sables (Carex arenaria) est commune dans les contrées sablonneuses de l'Europe et célèbre par sa racine rampante, recueillie comme médicament pour les pharmacies.
Le genre des Iaiches contient une foule d’espèces et fait partie des Cyperacées. Toutes les Iaiches ont la hampe triangulère, les feuilles graminées, les fleurs enveloppées de bractées et réunies en épis autour d’une axe commune. Tantôt la hampe ne produit qu’un épi, tantôt plusieurs ; tantôt les fleurs du sommet de l’épi sont mâles et celles audessous fémelles, ou en sens contraire; tantôt il se trouve des épis, ne renfermant que des fleurs mâles et d’autres, qui n’ont que des fleurs fémelles, de sorte qu'elles seules produisent des fruits. Les fleurs mâles ont trois étamines, munies d’une bractée, tandis que les fémelles, tout en possédant une bractée, ont encore l’ovaire renfermé dans une urcéole (écaille ulriculée) percée au sommet et faisant sortir le style à 2 ou 3 stigmates.
La laiche des sables porte au sommet de sa hampe, haute d'un empan ou d’un pied, une quantité d’épillets serrés, dont les supérieurs sont mâles et les inférieurs fémelles, ceux du milieu contiennent ordinairement de ces deux sortes de fleurs, les mâles au sommet et les fémelles à la base.
Fig. 6. Le buis toujours vert (Buxus sempervirens), qui dans les pays plus chauds forme un arbrisseau considérable
et même un arbre, n’est dans nos jardins qu’un petit arbuste, cultivé pour en garnir les planches. Il porte de petites feuilles persistantes et des fleurs axillaires, roulées en peloton, dont celles du milieu sont fémelles, tandis que toutes les autres sont mâles (chaque fleur mâle renferme 4 étamines). Son bols jaune et dur est très estimé et recherché pour les ouvrages de tourneur.
Fig. 7. Le mûrier blanc (Morus alba), qui croit naturelle- en Chine, est d'une grande importance, pareeque le ver, qui nous file la soie, s’en nourrit. C’est pour cela que cet arbre est de nos jours cultivé en Europe partout, où l’on entretient des vers à soie. Les feuilles de cet arbre utile sont cordiformes, à base inégale, tantôt sans découpures, tantôt Iobées-découpées; les fleurs mâles ont 4 étamines et sont réunies en épis ou chatons courts ovales; les fleurs fémelles, qui ont un ovaire avec un style bifurqué, sont disposées de la même manière en chatons courts, et forment enfin en se joignant et grossissant un fruit succulent conné, qui se compose d’une quantité de baies à une graine. Ces fruits, ordinairement blancs, sont doux et bons à manger.
Fig. 8. L’ortie brûlante (Urtica urens) croit abondamment aux murs, aux échaliers et sur les décombres, atteint à la hauteur d’un empan à I l f z pieds et porte des feuilles ovales, obtuses, à dents profondes dont les poils brûlent violemment. Les fleurs sont disposées en épis courts disposés 2 à 2 dans les aisselles des feuilles ; les mâles ont un calice à 4 sépales et 4 étamines (voyez fig. b. — fort grossi), les fémelles, qui sont entremêlées, ont un pistil, surmonté d'un stigmate en pinceau (fig. c.)
L'ortie dioïque (Urtica dioica) pousse des tiges, hautes de 3 à 6 pieds ou plus, garnies de feuilles pointues et de fleurs dioïques, c’est à dire les deux sexes sur des pieds différents, de sorte que sur une plante il ne se trouve que des fleurs mâles, tandis que sur l’autre il n’y a que des fémelles.
Fig. 9. L’amarantheàlongs épis ou Queue de renard (Amaranthus caudatus) est originaire des contrées tropiques dé l’Asie et de l’Afrique et cultivée comme ornement dans nos jardins, pareeque ses petites fleurs rouges forment ensemble de longues panicules serrées et pendantes, charmant l’oeil par leur forme de queue de renard. Les fleurs mâles et fémelles se trouvent mêlées dans ces panicules ; les mâles ont 5 étamines et les fémelles sont munies d’un style à 3 stigmates. Le périanthe est simple, formé de folioles à pointes épineuses. Celte plante s’élève à la hauteur de 1 à 3 pieds.
Fig. 10. L’aune commun (Alnus glutinosa) est un arbre européen, qui se plaît le plus au bord des ruisseaux et des rivières comme dans les bois humides, où il atteint à la hauteur de 30 à 70 pieds et porte des feuilles obovales ou arrondies, obtuses ou tronquées, doublement denliculées et glabres dans leur jeunesse. Il produit ses fleurs déjà en Février ou en Mars avant le développement des feuilles. Les fleurs mâles renferment 4 éta- j mines et sont cachées sous les écailles des chatons longs, cylin- I driques, et il y en a toujours 3 fleurettes sous une écaille, les ! fleurs fémelles forment des chatons plus courts, élliptiques , et | sont réunies deux ensemble sous une écaille.
Planche XLVII*
Continuation des plantes de la vingt-unième classe.
! Fig. 1. Le cocotier des Indes (Cocos nucifera) est sans : doute un des plus intéressants et des plus utiles arbres, dont le créateur infiniment bon a doué les contrées tropiques, notamment l’Asie méridionale, d’où cet arbre fut transporté dans les autres parties tropiques du monde. Son tronc est grêle et s'élève droit à la hauteur de 60 à 80 pieds , couronné de feuilles pinnées, longues de 12 à 16 pieds, d’entre lesquelles il sortent d'une spalhe les grandes panicules en fleurs. Les fleurs mâles renferment six étamines et occupent la partie supérieure de la paniculé, dont l'inferieure porte les fleurs fémelles, qui donnent naissance à ces excellents cocos de la grosseur d'une tête d'homme, dont on peut dans i chaque histoire naturelle lire les détails.
i Fig. 2. La pimpernelle commune (Poterium sanguis- ! orba) croit chez nous dans les prés secs des montagnes et au | bord des champs, est parente de la sanguis orbe (Planche VIII. ! Fig. 1.), dont elle lient beaucoup, quoique elle soit plus basse et ne s’élève qu’à la hauteur de 1 à 1 ’/* pieds. Les têtes de i fleurs, terminant la tige et les rameaux nous montrent deux sor- I tes de fleurs, dont celles endessous sont mâles à 20 ou 30 étamines (voyez fig. b. — fleure mâle grossie) tandis que les supérieures sont fémelles, munies d’un style filiforme, couronné d'un stigmate rouge en pinceau (voyez fig. c. — fleure fémelle grossie, ou le limbe quadrifide du perianthe est déjà tombé, tandis que s’y trouvent encore deux bracléoles à sa base). Les feuilles sont impaires, ailées, munies de folioles ovales, dentés. Cette plante fournit une bonne nourriture pour les bestiaux et ses feuilles se mangent en salade.

