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à un sablier, en quoi cette capsule est éffeclivement employée aux Indes occidentales. Mais ce qu'il y a de plus remarquable, c’est que le fruit parvenu à sa parfaite maturité, s'ouvre avec violence et avec un grand bruit, de sorte que les loges sont lancées très loin. Ses fleurs mâles forment des chatons pendants. Le suc de cet arbre, qui croît aux Indes occidentales, au Mexique et dans la Guyane, possède des qualités vénéneuses.
Fig. 9. La courge Cilronille (Cucurbita Pepo) est une grande plante annuelle rampante, qui tire son origine de l'Orient et est cultivée chez nous dans les champs et les vignes pour ses grands fruits circulairs de la grosseur d'un pied de diamètre, qui contiennent un grand nombre de graines bonnes à manger dans une chair en bouillie, propre aussi à manger mais employée ordinairement pour la nourriture des cochons. Les fleurs mâles sont très grandes (voyez fig. a.) et renferment trois étamines, dont les anthères sont soudés entre eux (voyez fig. b., ou la corolle est coupée). Les fleurs fémelles sont plus petites et faciles à reconnaître à l’ovaire globuleux en dessous de la corolle, dans laquelle on voit un style à trois stigmates bilobés (voyez fig. c.).
Fig. 10. La momordique élastique ou concombre d’âne (Momordica Elaterium) est une plante très remarquable, qui croît dans l'Europe méridionale aux endroits arides et pierreux et qu'on cultive çà et là dans nos jardins, parceque le fruit en concombre possède la merveilleuse qualité de se détacher subitement de son pédoncule lors de la maturité, et de lancer avec violence ses graines entremêlées d'un suc aqueux (voyez fig. b.). Le suc amer de ce concombre est employé en médécine.
Planche XMX.
Plantes de la vingt-deuxième classe (Dioecia).
C’est dans cette classe que Linné a placé les plantes, dont les sexes sont complètement séparés, de manière que par rapport aux fleurs on trouve dans chaque espèce deux sortes d’individus, savoir des individus, ne portant que des fleurs mâles (c'est-à-dire des fleurs, munies d'étamines et dépourvues de pistil) et d’autres, n’ayant que des fleurs fémelles (c’est-à-dire des fleurs à pistils et sans étamines), .qui peuvent seules produire des fruits.
Fig. 1. Le saule blanc (Salix alba) s’élève en grand et bel arbre à feuilles lancéolées, dentées en scie, qui surtout en-dessous paraissent blanches par des poils soyeux appliqués, qui leur prêtent un lustre argentin. Les fleurs mâles de même que les fémelles paraissent au commencement du printemps en longs chatons (voyez a. — une branche avec des chatons mâles, b. une feuille entièrement développée avec les stipules, un peu diminuée). Chaque écaille des chatons mâles contient une fleur à deux étamines. Les chatons fémelles mûrissent sous chaque écaille une petite capsule, s’ouvrant par deux valves et répendant de petites semences chevelues à la base, emportées par le vent comme des flocons de neige. Toutes les espèces de saules ont de telles sémences.
Fig. 2. Le saule marceau (Salix caprea) croît abondamment dans nos bois, où déjà les premières journées du printemps le revêtissent de ses chatons ovales velus, avant qu’il n’ait produit les feuilles (voyez fig. a. — un rameau portant des chatons à fleurs mâles, et b. — un rameau de l’arbre fémelle avec ses chatons). Ses feuilles (voyez c.) sont élliptiques, chargées endessous d’un feutre gris.
Fig. 3. Le pistachier commun (Pislacia vera), qui est un arbre de moyenne grandeur à feuilles ailées avec impaires, produit des drupes, qui se nomment pistaches et parviennent a la grosseur d’une noisette. C’est le noyau, douceâlre-amer et huileux de la drupe, qui se mange cru comme les amandes et s’ajoute confis à toute sorte de mets, par ex. aux ragoûts, aux pâtés et aux tartes. La patrie de cet arbre utile est la Syrie, et de là il s’est répandu et naturalisé dans tous les pays voisins de la Méditerranée.
Fig. 4. Le figuier commun (Ficus Carica) s’est de même répandu de sa patrie, du Levant, dans tous les pays près de la Méditerrané, même dans nos pays, où on le cultive parfois dans les jardins et les pols-de fleurs. Son fruit en poire, très bon à manger, est fort remarquable, puisque proprement il ne consiste que dans un réceptacle creux, charnu # renfermant une grande quantité de petites fleurs, qui se cachent de celte manière; les fleurs mâles, qui occupent la partie supérieure de l’interieure de ce réceptacle commun, sont placées près du sommet fermé par des écailles, et sont munies de 3 étamines ; les fleurs fémelles, dont chacune produit une graine, sont bien plus nombreuses et revêtissent le reste de l’intérieur du réceptacle. D’après cela le figuier appartiendrait plutôt dans la classe précédente (Monoecia), dans laquelle quelquesuns le placent éffeclivement. Mais comme il y a aussi beaucoup de ces réceptacles, qui ne contiennent que des fleurs fémelles, d’autres l’ont joint à la classe présente. Le figuier peut aussi être placé dans la classe suivante, c'est-à-dire
dans la 23 ième ? vue que parfois il se trouvent aussi des fleurettes hermaphrodites dans les réceptacles. 11 y a dans les pays chauds, surtout entre les tropiques, encore une quantité d'éspèces différentes de cet intéressant genre de plantes, dont la plupart forment de grands arbres.
Fig. 5. Le dattier commun (Phoenix daclylifera) est un excellent arbre, dont le créateur infiniment bon a particulièrement doué la Syrie, l’Arabie et le nord de l’Afrique. Ses fruits en baie, appelés dalles, sont extrêmement douces et agréables à manger et des millions d'hommes s’en nourrissent journellement. Cet arbre s'élève à la hauteur de 60 à 80 pieds et porte une cime touffue sans rameaux, composée seulement de 40 à 80 feuilles pinnées, longues de 8 à 10 pieds ou plus. L’arbre mâle produit entre ces feuilles 6 à 8 grands faisceaux ou panicules (nommées régimes), dont chacun porte quelquefois près de 12,000 petites fleurs à 6 étamines. L'arbre fémelle (voyez la figure) porte aussi ses fleurs, dont chacune à 3 styles, en faisceaux paniculésu régimes et tout en les produisant en plus petit nombre, il y en a toujours encore une telle abondance, que la récolte, qui se fait des fruits, est très grande. Ces fruits sont des drupes ovales, charnues à une graine, soit qu’il en naissent trois de chaque fleur (voyez fig. 6.) soit que par abortement il n'y en ait que deux ou une.
Fig. 6. Le gui à fruits blancs (Viscum album) est un végétal toujours vert, qui croît communément en arbuste sur nos pommiers et poiriers, parfois aussi sur les pins dans nos bois, en poussant sa racine dans leurs rameaux, tirant ainsi sa nourriture des sucs de cet arbre. Ses tiges rameuses, longues 1 à 2 pieds, sont bifurquées, dichotomes, chargées de feuilles vert- jaunâtres coriaces, et poussent déjà en Mars ou Avril de petites fleurs sessiles, sortant des aisselles des feuilles. La plante mâle porte des fleurs à 4 étamines, tandis que les fleurs de la fémelle renferment un pistil à stigmate sessile et obtus, d'ou naît une baie, qui ne parvient à sa parfaite maturité qu’en automne ou en hiver. Ces baies, qui contiennent un suc visqueux et servent de nourriture aux oiseaux, surtout aux grives, sont employées pour faire du glu.
Fig. 7. L'argoussier rhamnoïde (Hippophaë rhamnoides) se trouve en Europe et dans l’Afrique septentrionale aux bords sablonneux des rivières et sur les côtes de mer, où il est haut de 4 à 5 pieds, mais quelquefois aussi plus, en s’élevant même en arbre. Il porte des rameaux noueux à pointes épineuses et feuilles étroites argentines endessous. Les petites fleurs paraissent déjà en Mars et en Avril aux rameaux, sur les quels les mâles sont disposées en petites grappes courtes ferrées, entourées de bracléoles écailleux (voyez fig. 6.); les fleurs fémelles produisent de petites droupes rouges, qui mûrissent aux mois d'Août et de Septembre, en prêtant à cet arbrisseau un très joli aspect. Ces fruits, tout en ayant le goût aigre et désagréable, sont cependant employés des Lapons comme assaisonnement à leurs alimens, surtout â la viande.
Fig. 8. Le chanvre cultivé (Cannabis sativa — a. la plante fémelle; b. le sommet de la tige de la plante mâle) est originaire de l’Asie mais déjà cultivé en Europe depuis des siècles, puisque la filasse tenace de sa tige est employée à la préparation du coton, de la toile, des cordes etc. La lige du chanvre s’élève à la hauteur I de 2 à 8 pieds et porte des feuilles digitées à 5, 7 ou 9 folioles.
I Les individus mâles produisent des fleurs, munies d'un périanthe ! à 5 folioles et de 5 étamines, tandis que les fémelles portent des fleurs à périanthe ou involucre monophylle, se fendant d’un côté, munies d’un style, dont le pistil court est surmonté de deux stigmates. Le fruit consiste dans une petite noix à coquille fragile renfermant le noyau bonne nourriture pour les oiseaux de chant; on obtient en outre de l'huile bonne à brûler du noyau de ce» fruits.
Fig. 9. L'épinard cultivé (Spinacia oleracea) est une plante très connue dans nos jardins potagers, parceque ses feuilles sa- gillées nous fournissent un légume sain. Les fleurs dans les individus mâles sont munies d'un périanthe vert à 4 ou 5 divisions et de 4 à 5 étamines (voyez la figure, qui réprésente un rameau de la plante mâle). Les individus fémelles portent des fleurs avec un périanthe à 2 ou 3 divisions et avec 4 styles sur l’ovaire, qui ne produit qu’une graine.
Fig. 10, Le houblon commun (Humulus Lupulus — a. une branche en fleurs de l’individu mâle, diminuée; b. un rameau de la plante fémelle portant les cônes en fleurs; c. un rameau portant deux cônes mûrs). C’est la plante importante, qui | dans ses fruits, formant une sorte de cônes ou de chatons foliacés, nous fournit l’aromate pour la bière. Au moyen de ses liges grimpantes le houblon monte les arbrisseaux et les arbres ou de hautes perches, qu’on met dans la terre en le cultivant. Les feuilles sont péliolées, cordiformes à 3 ou 5 lobes, les supérieures pour la plupart dépourvues de lobes; les fleurs mâles sont disposées en panicules et entourées d’un périanthe quinque- fide à 5 étamines; les fleurs fémelles à 2 longs styles sont renfermées en chatons écailleux, courts, qui ensuite se prolongen

