TREUENFELS. 69
me comprendra’—et il vida la coupe. Tous animés des mêmes sentimens, vidèrent leurs coupes, jurant de se défaire de l’objet de leur haine. L’accomplissement suivit de près la menace : Engelbert fut surpris et assassiné. L’empereur étant informé de cet évènement, les coupables furent emprisonnés et exécutés, avant leur mort ils avouèrent que c’était Balther qui les avait portés à cet attentat, là-dessus il ordonna que l’on mit le feu a son château et qu’aucun des habitans n' échappât. Des soldats furent envoyés en toute hâte et ils environnèrent le château. La nuit était sombre et orageuse comme si le ciel avait voulu favoriser l’exécution de cet acte tragique. Liba pleine de terreur, les joues pâles et les cheveux épars, se précipita dans la chambre de son père, qui dormait en sécurité d’un profond sommeil : elle le réveilla par ses cris lamentables : Balther s’élança hors du lit, car les flammes avaient déjà pénétré dans son appartement, toute fuite leur semble impossible. Il reste d’abord muet, interdit, tout-à-coup il saisit son épée pour s’en frapper afin de se délivrer par une prompte mort des tortures qui lui étaient réservées, Liba poussant un cri d’effroi se jette dans ses bras et dit, fuyons par les souterrains du château. Avec toute l’énergie de son sexe à l’heure du danger, elle entraîna l’infortuné Balther vers l’escalier, mais la flamme les poursuivant les enveloppait à chaque pas et les effets n’en étaient que trop visibles sur les cheveux gris du chevalier. Liba passa au travers du feu, qui sembla la respecter, comme si une main invisible la protégéait. Le chemin souterrain qu’ils avaient à traverser avait été pratiqué sous une mon-

