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TREUENFELS.
tagne sur laquelle coulait un torrent, et il était terminé par une cave lointaine, que les buissons, les ronces et les mauvaises herbes avaient rendue presqu’impênétrable. En arrivant à cette ouverture, les deux fugitifs accablés de fatigue, tombèrent dans un profond sommeil, ils furent enfin réveillés par le chant aigu des oiseaux et ils sentirent que le soleil avait déjà vivifié la nature de ses rayons bienfesans. Liba en cueillant quelques mûres pour humecter sa bouche et celle de son père, vit avec peine que ses yeux s’étaient enfoncés, et combien ils avaient souffert de la chaleur et des flammes qui lui causèrent les douleurs les plus aigues. Accablés de faim et de soif, ils attendaient avec impatience l’approche de la nuit : aussitôt que la nature parut plongée dans le repos, ils se mirent en route en silence après s’être rafraîchis de l’eau d’une fontaine, ils continuèrent leur marche indécise à travers des vallées solitaires et des défilés que les arbres et les fragmens de rochers avaient rendus presqu’impassables, ils arrivèrent enfin au pied d’une montagne escarpée et rocailleuse.
‘ Reposons-nous ici, dit Liba, car il n’est pas probable que des mortels viennent se réfugier dans un asyle si horrible.’ — ‘ Que deviendrons-nous dans ces lieux sauvages et inhospitaliers ?’ s’écria Balther ; Liba, dont les yeux brillaient d’une pieuse résignation, baisa avec affection la main de son vieux père, et répondit, ‘ Dieu prend soin de tous, mon père !’
“ Plusieurs semaines s’étant écoulées dans cette triste demeure, où ils n’avaient vécu que d’herbes et de fruits sauvages, les yeux de Balther furent attaqués d’une inflammation sérieuse, et sa vue devenait
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