TREUENFELS.

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tous les jours plus faible, jusquà ce quenfin ses yeux ne purent plus discerner la clarté du jour. Il supporta cette calamité avec courage, et chaque soupir qui séchappait de ses lèvres était accompagné dactions de grâce quil rendait à son Créateur, de lui avoir con­servé la vie pour se repentir de ses erreurs passées.

Cependant le peu de nourriture que cette solitude stérile fournissait, obligea laffectionnée Liba derrer plus loin pour pourvoir aux faibles moyens de leur subsistence journalière. Retournant un jour de sa course fatigante, avec une corbeille de jonc quelle avait tressée elle-même, et qui était remplie de fraises sauvages, elle sarrêta tout-à-coup en apercevant à quelque distance un chasseur, qui, couché sous un arbre, soutenait de sa main sa tête fatiguée, quune rêverie profonde, ou le chagrin avait affaissée, il y avait auprès de lui sa lance et ses deux fidèles lévriers, qui observaient avec attention et en silence lair rêveur de leur maître. Le chasseur se leva, et Liba reconnut son futur époux, son cher Schott von Grünstein : tout- à-coup elle tendit les bras vers lui, et au moment quelle allait répéter son nom chéri, sa langue resta muette, elle se dit en elle-même lentrainerai-je à partager notre sort malheureux ? il précepiterait notre départ pour son château, et se préparerait les mêmes revers et les mêmes maux que nous ; silence, passion fougueuse, que la voix de la raison triomphe de celle de lamour. Je ne ferais quaugmenter mon chagrin, et les remords de ma conscience aggraveraient encore mon affliction. Non ; il faut que je souffre avec et pour