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saules dont le jardinier s’avisa de couper quelques fagots pour en faire des liens. „Un si faible surcroît de charge ne peut nuire à mon âne,“ dit-il en les posant sur le bât.
Plus loin vinrent des buissons de coudrier. Le jardinier en choisit quelques douzaines de baguettes minces dont il voulait faire des appuis à ses fleurs. „Eiles sont si légères,“ dit-il, „quc l’animal les sentira à peine.“ Et là-dessus il les mit encore sur l’âne.
Plus tard, quand le soleil se fut levé sur l’horizon et se mit à darder ses rayons avec force, le jardinier ôta son habit et le jeta par-dessus le reste du fardeau. „Nous n’avons plus que deux pas jusqu’à la ville,“ dit-il; ,,cet habit, que je puis soulever avec mon petit doigt, ne peut compter pour rien.“
Mais à peine avait-il prononcé ces mots, que l’âne, venant à broncher, tomba et ne se releva plus, écrasé sous le poids d’un fardeau trop lourd.
Alors le jardinier, effrayé et se lamentant, disait: „Maintenant je le vois enfin, mais malheureusement trop tard, on ne doit jamais imposer ni aux hommes ni aux bêtes une charge au-dessus de leurs forces.* 4
Quand on est bien chargé, le plus léger fardeau Devient intolérable et nous mène au tombeau.
46. — Le mulet.
Deux voleurs s’étant emparés d’un mulet, le conduisirent dans le fond d’un bois. Là, ils se mirent à délibérer sur le prix auquel ils pouvaient le vendre, et

