jeune prince dun air affable et tout ému;mais faites en sorte de me rejoindre demain à la chasse et je vous procurerai quelques secours."

Le pauvre militaire, comme on le pense bien, fut très-exact au rendez-vous, et parvint à se placer du «ôté était le petit duc. Celui-ci ne leut pas plutôt aperçu, quil séloigna un peu ; puis, profitant du moment personne navait les yeux fixés sur lui, il tira de sa poche une bourse qui contenait trente louis, et la lui glissa dans la main.

Cétaient ses menus plaisirs dun mois: ce qui aug­mente surtout le prix de cette bonne action, cest le soin avec lequel le jeune bienfaiteur recommanda le secret à lindigent chevalier; de son côté il tâcha aussi de la tenir cachée;'mais elle ne tarda pas à être divulguée; voici à quelle occasion.

Le soir même du jour de la chasse, le roi pro­posa une partie de cartes, et M. le duc de Berri fut invité à en être; il sen défendit sous diveis prétextes. Le roi, étonné dun refus qui nétait pas ordinaire, le presse encore davantage. Alors le jeune prince se trôuva dans un extrême embarras; car, dune part, il ne voulait point faire un mensonge, et de lantre il craignait de sexpliquer.

Ne sachant plus quelle raison alléguer, M. le duc de Berri avoua quil navait point dargent.Quavez- vous donc fait de celui que vous reçûtes hier?" lui demanda le roi.

,;Mon papa, répondit le petit duc en rougissant, ,,je lai donné à un vieux chevalier de Saint-Louis, qui est dans le besoin. Si javais eu davantage, je men