72

nuit dans un moulin il avait reçu lhospitalité. Un banc dans la chambre den bas lui servait de lit. Vers minuit il se réveilla, et entendit un léger tic-tac à la muraille contre laquelle il était couché. Il tourna les yeux, et aperçut au clair de la lune une belle montre dargent.

Il eut dabord un violent désir daller la décrocher et de senfuir en sautant par la fenêtre. Sa conscience lui disait bien quil ne fallait pas voler; mais lenvie de posséder cette jolie montre devenait de minute en minute plus violente. Tout-à-coup il se lève, court à la fenêtre ouverte et saute dehors, pour échapper à la tentation.

Après avoir marché, ou plutôt couru quelques cen­taines de pas, il regretta de ne pas sêtre emparé de la montre, et déjà il était sur le point de rebrousser chemin; mais sa conscience lavertit encore une fois; il fut docile à cette voix, et continua sa route.

En ce moment la lune disparut et la nuit devint très- obscure. Ernest ségara dans les marécages; pour­tant il réussit enfin à gagner une petite éminence couverte de gazon; il était tellement accablé de fatigue, qujl sy coucha aussitôt, et ne tarda pas à sendor­mir profondément. A la pointe du jour, des cris effrayants vinrent lout-à-coup interrompre son doux som­meil ; il ouvrit les yeux... son sang se glaça de (erreur.

11 était sous une potence, et au-dessus de sa tête était pendu un voleur; une nombreuse troupe de cor­beaux voraces sétait assemblée autour du cadavre. A cet horrible aspect une voix intérieure sembla lui crier:Regarde, voilà ce qui te serait arrivé à la fin, si tu avais commencé à tadonner au vol. Pénétré à