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nuit dans un moulin où il avait reçu l’hospitalité. Un banc dans la chambre d’en bas lui servait de lit. Vers minuit il se réveilla, et entendit un léger tic-tac à la muraille contre laquelle il était couché. Il tourna les yeux, et aperçut au clair de la lune une belle montre d’argent.
Il eut d’abord un violent désir d’aller la décrocher et de s’enfuir en sautant par la fenêtre. Sa conscience lui disait bien qu’il ne fallait pas voler; mais l’envie de posséder cette jolie montre devenait de minute en minute plus violente. Tout-à-coup il se lève, court à la fenêtre ouverte et saute dehors, pour échapper à la tentation.
Après avoir marché, ou plutôt couru quelques centaines de pas, il regretta de ne pas s’être emparé de la montre, et déjà il était sur le point de rebrousser chemin; mais sa conscience l’avertit encore une fois; il fut docile à cette voix, et continua sa route.
En ce moment la lune disparut et la nuit devint très- obscure. Ernest s’égara dans les marécages; pourtant il réussit enfin à gagner une petite éminence couverte de gazon; il était tellement accablé de fatigue, qu’jl s’y coucha aussitôt, et ne tarda pas à s’endormir profondément. A la pointe du jour, des cris effrayants vinrent lout-à-coup interrompre son doux sommeil ; il ouvrit les yeux... son sang se glaça de (erreur.
11 était sous une potence, et au-dessus de sa tête était pendu un voleur; une nombreuse troupe de corbeaux voraces s’était assemblée autour du cadavre. A cet horrible aspect une voix intérieure sembla lui crier: „Regarde, voilà ce qui te serait arrivé à la fin, si tu avais commencé à t’adonner au vol.“ Pénétré à

