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delle, elle sefforcait de les rassurer, tandis que mon cœur, à moi, se brisait à lidée du danger qui menaçait ces êtres bien-aimés. Nous tombâmes enfin tous à genoux, et les paroles échappées ù mes enfans me prouvèrent quils sa­vaient aussi prier, et puiser le courage dans leurs prières. Je remarquai que Fritz demandait au Seigneur de sauver les jours de ses chers parens et de ses frères, sans parler de lui-même.

Cette occupation nous fit oublier pendant quelque temps le danger qui nous menaçait, et je sentis mon cœur se ras­surer un peu à la vue de toutes ces petites tètes religieuse­ment inclinées. Soudain nous entendîmes, au milieu du bruit des vagues, une voix crier : « Terre! terre! » et, au même instant, nous éprouvâmes un choc si violent, que nous en fûmes tous renversés, et que nous crûmes le na­vire en pièces; un craquement se fit entendre : nous avions touché. Aussitôt une voix que je reconnus pour celle du capitaine cria : « Nous sommes perdus ! Mettez les chaloupes en mer. » Mon cœur frémit à ces funestes mots : Nous sommes perdus ! Je résolus cependant de monter sur le pont, pour voir si nous navions plus rien à espérer. A peine y mettais-je le pied, quune énorme vague en balaya la surface et me renversa sans connaissance contre le mât. Lorsque je revins à moi, je vis le dernier de nos matelots sauter dans la chaloupe, et les embarcations les plus lé­gères, pleines de monde, séloigner du navire. Je criai, je les suppliai de me recevoir, moi et les miens... Le mu­gissement delà tempête les empêcha dentendre ma voix, ou la fureur des vagues de revenir nous chercher. Au