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CHAPITRE XI.
Construction du château aérien. — Première nuit sur l’arbre. — Le dimauche. — Les Ortolans.
Pendant la première moitié de la nuit, je fus extrêmement inquiet. Au moindre bruit je me redressais avec angoisse et j’écoutais avec effroi les feuilles agitées par le vent ou ies branches sèches qui tombaient. De temps eu temps, quand je voyais un de nos feux se ralentir, je me levais et courais y rejeter du bois : tout était pour moi sujet de crainte. Après minuit, je me tranquillisai un peu eu voyant que le calme le plus parfait régnait autour de moi ; enfin vers le matin je fermai les yeux, et je m’endormis si profondément que, lorsque je me réveillai, il était déjà fort tard pour commencer notre travail ; aussi nous priâmes, déjeunâmes rapidement, et l’on se mit à l'ouvrage. Ma femme donna alors à manger à l’àne et à la vache, puis elle leur endossa le harnais et partit avec eux, escorlée d’Ernest, Jack et Franz, pour aller chercher au rivage les planches dont nous avions besoin.
Moi je montai avec Fritz sur l’arbre pour y faire les préparatifs nécessaires à la commodité de notre établissement. Je trouvai tout mieux disposé encore que je ne pensais: les grosses branches s’étendaient dans une direction presque horizontale; je conservai les plus fortes et les plus droites, ! et j’abattis les autres avec la hache et la scie. A cinq ou six pieds au - dessus de celles-ci, j’en gardai une ou deux ' pour suspendre nos hamacs; d’autres plus élevées encore
devaient nous servir à poser le toit de notre édifice qui
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