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canne quil mavait donnée, Fritz voulut en faire autant: mais il eut beau sucer, rien ne coula dans sa bouche. Étonné de ce phénomène, car il voyait bien que le roseau était plein de jus, il men demanda la raison. Au lieu de la lui dire, je le laissai la deviner, et il finit par découvrir quen prati­quant une petite ouverture au-dessous du premier nœud pour donner de lair, il obtiendrait ce quil voulait.

Nous marchâmes quelque temps en silence. «Au train dont nous allons, nous ne rapporterons pas grandchose à la maison; jaimerais mieux en rester!

Bah ! les cannes vont se sécher au soleil. Ne tinquiète pas, il suffit que nous en conservions une ou deux pour les leur faire goûter.

Eh bien ! alors, jaurai du moins le plaisir de leur rap­porter un excellent lait de coco, dont jai une bonne pro­vision dans ma bouteille de fer-blanc.

Etourdi! ne crains-tu pas que la chaleur nait fait per­dre à ce lait toute sa douceur?

Oh! ce serait bien dommage; je veux voir ce qui en est. »

11 tira rapidement la bouteille de sa gibecière, et pres­que aussitôt le bouchon partit avec bruit, et la liqueur en sortit en pétillant comme du vin de Champagne. Nous goû­tâmes ce vin mousseux qui nous parut fort agréable, et nous continuâmes la route, ranimés par cette boisson et plus légers de moitié.

Nous ne tardâmes pas à retrouver lendroit nous avions laissé nos calebasses qui étaient parfaitement sè­ches. et que nous renfermâmes aisément dans nos gibeciè-