28 I.E ROBIKSOM
canne qu’il m’avait donnée, Fritz voulut en faire autant: mais il eut beau sucer, rien ne coula dans sa bouche. Étonné de ce phénomène, car il voyait bien que le roseau était plein de jus, il m’en demanda la raison. Au lieu de la lui dire, je le laissai la deviner, et il finit par découvrir qu’en pratiquant une petite ouverture au-dessous du premier nœud pour donner de l’air, il obtiendrait ce qu’il voulait.
Nous marchâmes quelque temps en silence. «Au train dont nous allons, nous ne rapporterons pas grand’chose à la maison; j’aimerais mieux en rester là!
—Bah ! les cannes vont se sécher au soleil. Ne t’inquiète pas, il suffit que nous en conservions une ou deux pour les leur faire goûter.
— Eh bien ! alors, j’aurai du moins le plaisir de leur rapporter un excellent lait de coco, dont j’ai là une bonne provision dans ma bouteille de fer-blanc.
—Etourdi! ne crains-tu pas que la chaleur n’ait fait perdre à ce lait toute sa douceur?
— Oh! ce serait bien dommage; je veux voir ce qui en est. »
11 tira rapidement la bouteille de sa gibecière, et presque aussitôt le bouchon partit avec bruit, et la liqueur en sortit en pétillant comme du vin de Champagne. Nous goûtâmes ce vin mousseux qui nous parut fort agréable, et nous continuâmes la route, ranimés par cette boisson et plus légers de moitié.
Nous ne tardâmes pas à retrouver l’endroit oû nous avions laissé nos calebasses qui étaient parfaitement sèches. et que nous renfermâmes aisément dans nos gibeciè-

