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dessus de notre voile une petite flamme rouge en guise de pavillon, et il se montra pour le moins aussi heureux de faire flotter ce pavillon, que de voir la voile s’enfler au vent. Nous fîmes ensuite un petit banc près du gouvernail , et nous fixâmes dans les bords de forts anneaux pour maintenir les rames.
Pendant ces travaux, le soir était arrivé; nous ne pouvions songer à retourner â terre. Nous arborâmes les signaux convenus pour annoncer cette décision à nos gens restés sur le rivage, et nous employâmes le reste de la journée â changer les pierres qui restaient de notre embarcation contre une cargaison plus utile.
Nous pillâmes tout ce qui nous parut bon. La poudre et le plomb, comme munitions de chasse, eurent la préférence; ensuite nous primes tous les outils. Notre navire, destiné â l’établissement d’une colonie dans les mers du Sud, était très-bien fourni en ustensiles de toute sorte. Nous étions cependant obligés de faire un choix sévère, attendu la petitesse de notre embarcation. Mais nous h’eûmes garde d’oublier cette fois des couteaux, des cuillères et les ustensiles de cuisine auxquels nous n’avions point songé d’abord. Nous nous pourvûmes de grils, de chaudières, de broches, de pots, etc. Nous y joignîmes des jambons, des saucissons, et quelques sacs de maïs, de blé et d’autres graines. M’étant rappelé que notre coa- cher à terre était un peu dur, je pris quelques hamacs et des couvertures de laine. Fritz, qui ne trouvait jamais assez d’armes, se munit encore de deux fusils et apporta une caisse pleine de sabres, de poignards et d’épées. J’em-

