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Eh bien! hâtez-vous donc de poser votre bassin, dit Ernest ; je viendrai y mettre rafraîchir les racines que jai trouvées ce malin aussi. Elles sont très-stches, et ressem­blent assez aux grosses raves ; je les crois bonnes à manger, car notre cochon sen régalait avec beaucoup de plaisir; mais je n'ai pas osé y goûter avant de vous les avoir montrées. »

Je le louai de sa prudence, et je lui demandai à voir ces racines; je reconnus avec joie que cétaient des raciucs de manioc.

«Prises dans létat naturel, elles peuvent être nuisibles, lui dis-je; mais cuites et préparées, elles servent âfaire une sorte de gâteau qui remplace fort bien le pain; ainsi ré­jouis-toi de celte découverte, mon enfant. »

Cependant la claie était déchargée; nous reprîmes le chemin de la mer, tandis que ma femme et Franz restaient pour préparer notre dîner. En cheminant, jappris ù mes enfans que la tortue qui fournit la belle écaille employée dans les arts et quon appelle caret na pas une chair bonne à manger, et que celle que nous avions tuée ne pou­

vait, en revanche, fournir des écailles pareilles. Nous char­geâmes cette fois la claie en partie de nos effets, ainsi que du moulin à bras que la découverte du manioc nous ren­dait maintenant doublement précieux.

Lorsque nous revînmes au logis, le repas était prêt; mais avant de nous mettre ù table, ma femme me prit à part et me dit : «Vous me semblezbien fatigués; aussi je veux vous faire goûter un nectar qui, sans nul doute, vous rendra vos forces. »