SUISSE. 16 5

aussitôt. Jaoprorliai alors, jécartai les chiens, et avec une corde solide je liai les jambes de derrière ; muni du lazo. ien fis autant pour les jambes de devant.

« Victoiret sécria alors mon intrépide compagnon; ce bel animal remplacera notre stupide baudet ; nous lattelle­rons à la charrette, il figurera très-bien à côté de notre vache. Oh I que je vais être heureux de le ramener avec nous: comme ma mère et mes frères vont être étonnés!

Patience! patience! le buffle nest pas encore à la charrette; il est étendu, et je ne sais pas comment nous ferons pour le sortir d'ici.

Délions-lui les jambes, et il marchera.

Tu crois donc quil suffirait de lui dire : Tu es en li­berté, suis-nous, ou va vite devant nous?

- Mais les chiens le forceront à marcher.

Et si dun coup de pied il venait par hasard à les tuer, il pourrait alors facilement senfuir au galop. Je crois que le meilleur moyen sera de lui passer aux jambes une corde, assez lâche pour le laisser marcher, et pas assez pour lui permettre de courir. En attendant , ajoutai-je, je vais mettre en pratique un procédé dont les Italiens ont coutume de se servir pour dompter les taureaux sauvages, et qui', jespère, nous réussira. La circonstance justifie suf­fisamment la cruauté du moyen; ne ten effraie pas. »

Je commandai en même temps à Jack de tirer de toutes ses forces la corde opi tenait les jambes de lanimal, afin de lempêcher de remuer; je tendis les deux oreilles aux dogues, et quand je vis la tète immobile, je pris mon cou­teau, qui était pointu et bien tranchant, jen traversai les