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sur cette terre déserte, j’espérais toujours que la fatigue 1 l’emporterait sur le mauvais naturel de l’animal. Mais j’avais beau faire: il était doux et tranquille dans son écurie, se laissait approcher et caresser ; mais il reprenait toute sa fureur dès qu’on essayait de le monter.
Enfin, tous les moyens que j’avais imaginés ayant été inutiles, je me rappelai la manière dont les maquignons parviennent à rendre dociles les chevaux trop rétifs, et tout cruel que fût le procédé, je résolus d’y recourir. Un jour que le bel animal se refusait, comme de coutume, à * toute tentative pour le monter, je lui saisis rudement le bout de l’oreille entre les dents et je la mordis jusqu’au sang; il s’arrêta aussitôt et resta immobile; Fritz profita du moment et s’élança sur son dos; après quelques sauts, l’onagre reprit sa tranquillité et trotta comme mon fils le voulut.
Je le cédai à Fritz. J’étais fier de voir mon fils voler comme l’éclair, dans l’avenue de Falken-Horst, sur ce beau coursier que j’avais eu l'honneur de dompter. J’eus soin cependant d’attacher ses deux jambes de devant avec une corde assez lâche qui devait modérer sa vitesse; je lui adaptai aussi à la mâchoire un caveçon, et au moyen d’une baguette dont on lui frappait l’oreille, nous parvenions à le diriger comme avec un mors. Nous commençâmes dès ce moment ù le compter au nombre de nos animaux domestiques et à lui donner un nom ; nous l’appelâmes Leicht- fuss, c’est-à-dire pied léger, et certainement jamais a ni-, mal n’aveit mieux mérité son nom; c’était un nouvel élément ajouté à l’éducation de mes fils. Je ne désespéraispas

