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raient des selles et des étriers, et nos bêtes de tir avaient besoin de jougs et de colliers. Je me mis à lœuvre. Je fis apporter les peaux de kangarous et de chiens de mer, et la bourre fut fabriquée avec la mousse darbre que nos pi­geons nous avaient fait connaître. Je réunissais deux brins ensemble, et je les mettais tremper dans leau avec un peu de cendre et dhuile de poisson afin quelle ne devînt pas trop dure en séchant. Cette lessive réussit parfaitement ; quand la mousse fut relevée et séchée, elle avait conservé toute son élasticité pareille à celle du crin de cheval. Aussi jen remplis non-seulement les selles, mais encore les jougs et les colliers, et ma femme vit avec joie ces nou­velles inventions utiles à ses enfans. Mais je ne men tins pas, et je me mis à fabriquer des étriers, des sangles, des brides, des courroies de toute façon, quittant à tout moment mon ouvrage pour aller, comme un tailleur, prendre mesure à mes bêles.

Mais ce nétart pas tout davoir ainsi fabriqué le joug, car mes pauvres Sturm etBrummer, pour lesquels il était fait, ne se souciaient que fort peu de sy soumettre, et, sans lanneau que je leur avais passé au nez et dont je fis grand usage, tous mes efforts eussent été inutiles. Cependant je préférai la manière dattelerdes Italiens qui placent le joug sur les épaules, à celle quon emploie dans notre patrie, et qui consiste à placer le joug sur le front et les cornes; je Vis avec plaisir, quand mes prisonniers se mirent à lou- Vrage, que cette méthode était la meilleure.

Ces travaux nous retinrent plusieurs jours sans relâche. A cette époque un banc de harengs, pareil ù celui de lan-