SUISSE. 41
percer les nuages, et dont la longue chaîne, s’éloignant graduellement de la plaine, laissait à découvert un horizon à perte de vue.
Jack et moi nous ne tardâmes pas à reconnaître le marécage où nous avions pris notre premier buffle. Puis nous dirigeâmes notre marche vers le sommet d'une colline éloignée qui nous promettait un panorama général de toute la contrée.
Nous avions traversé le ruisseau, et, au bout d’un quart- d’heure de marche, le pays ne nous offrit plus qu’un désert aride où la terre, brûlée par le soleil, était sillonnée de profondes crevasses. Par bonheur que chacun de nous avait eu la précaution de remplir sa gourde; car toute trace d’humidité avait disparu, et le petit nombre de plantes que nos regards rencontraient se traînaient sans force sur ce sol dévoré. J’avais peine à comprendre comment une demi-heure de marche pouvait avoir ainsi totalement changé l’aspect de la contrée.
«Cher père, me dit enfin Jack, sommes-nous venus jusqu’ici dans notre première expédition?
Moi. Non, mon enfant; nous sommes à deux milles plus loin, et nous voici au milieu d’un véritable désert. Pendant les pluies des tropiques, et quelques semaines après, le terrain se couvre d’herbes et de fleurs. Mais aussitôt que le bienfaisant arrosement du ciel a cessé, la végétation disparait pour ne renaître qu’à la saison prochaine. »
Pendant quelque temps le silence de notre marche ne
fut interrompu que par des soupirs et des gemissemens
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