chiens qui attaquaient bravement lennemi. A peine avais- je eu le temps dapercevoir lours qui savançait vers nous, quà mon grand effroi jen vis un second sortir du taillis et se diriger du côté de son compagnon.

Fritz coucha bravement en joue lun des terribles ani­maux , et je me chargeai de lautre. Nos deux coups par­tirent en môme temps : mais, par malheur, ni lun ni l'autre ne fut mortel; car les chiens pressaient lattaque avec tant de fureur, quil nous fut impossible de trouver le moment de lâcher notre second coup, tant nous crai­gnions de frapper lun de nos braves défenseurs. Toute­fois, ma balle avait brisé la mâchoire inférieure de lun des ours, de manière à rendre ses morsures peu dangereuses : et celle de Fritz avait traversé lépaule du second, de sorte que ses étreintes étaient désormais plus désespérées que redoutables. Les chiens, paraissant comprendre leur avan-

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dabri pour le reste du jour. Javais fait une halte de quel­ques instans afin de soulager Fritz et Jack de leur fardeau, tandis quErnest continuait sa route pour jouir plus tôt des douceurs de la grotte. Tout-à-coup nous entendîmes, de son côté, un cri dalarme suivi daboiemens furieux et dun long hurlement que lécho semblait répéter. A linstant f tout fut abandonné pour voler au secours du pauvre Ernest.

Au moment même, nous le vîmes accourir sans cha­peau et pâle comme la mort; et il vint tomber dans mes bras en sécriant : « Un ours! un ours! il vient! le voici! » Cest ici quil faut de la résolution, pensai-je en moi- même; et armant mon fusil je mélançai au secours des