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nouveaux hôles donnait à notre liaison dune heure l'ap­parence dune amitié de vingt ans. Nous restâmes sous des tentes que le capitaine nous avait fait préparer.

Le lecteur ne sattend pas que je lui donne le récit de la longue conversation qui nous occupa, ma fidèle compa­gne et moi, durant les heures de cette nuit. Le capitaine était un homme trop bien appris pour nous accabler doffres et de questions dans les premiers momens de notre rencontre, et, de notre côté, nous ne voulions nous ouvrir â lui quaprès une mûre délibération; car il fallait savoir avant tout sil nous restait maintenant de solides rai­sons pour désirer de revoir lEurope. Parfois, jétais tenté de demeurer dans le paisible séjour la Providence nous avait jetés, en renonçant à jamais aux douteux avantages que nous promettait la vie civilisée. Ma fidèle épouse ne de­mandait quà terminersa carrière sous le beau ciel que nous habitions. Mais la solitude leffrayait pour moi et pour ses enfans. Elle eût désiré me voir partir pour lEurope avec les deux aînés, afin de ramener un petit nombre de com­patriotes, à laide desquels il nous serait facile de fonder une colonie florissante qui recevrait le nom de Nouvelle- Suisse.

Nous résolûmes de confier notre projet au capitaine Littlestone, en lui annonçant lintention de mettre la co­lonie sous la protection de lAngleterre. Un de nos plus grands embarras était de savoir lesquels de mes enfans je choisirais pour compagnons de voyage, car les raisons étaient les mêmes pour tous. La considération de miss Jenny venait encore augmenter nos perplexités; son atta-