69. Le Miroir.

Antoine et sa sœur aperçurent sur la com­mode le miroir de toilette de leur maman, et eurent la curiosité de sy regarder. Antoine avait une belle figure, et souriait complaisamment à son imago. Pauline, que les ravages de la petite vérole avaient un peu enlaidie,se mit à pleurer en examinant ses traits réfléchis dans la glace.

La mère survint en ce moment. «O mon cher Antoine, dit-elle, tu as bien tort de tenor­gueillir dune beauté passagère; surtout prends garde que le vic e ne te la détruise même avant le temps. Et toi, ma chère Pauline, console-toi par la pensée quil y a quelque chose de préfé­rable à la beauté du corps, et tâche de la rem­placer par celle de lâme. »

Un moment peut flétrir la beauté corporelle,

Mais la beauté de l'âme est la seule immortelle.

70. Le Portrait.

11 y a plusieurs siècles que mourut, dans une grande ville, un négociant qui laissait une for-

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