de soupe, un verre de vin et un bon morceau dun gâteau quelle venait de tirer du four.

Le lendemain, tous ceux chez qui linconnue sétait présentée furent invités à souper au châ­teau du village en entrant dans la salle à man­ger, ils aperçurent une petite table couverte des mets les plus délicats: une autre grande table y était également dressée ; sur celle-ci étaient ran­gés beaucoup de couverts; sur les assiettes on voyait çà et un petit morceau de pain moisi ou quelques pommes de terre; sur dautres on voyait un liard, mais ta plupart étaient absolu­ment vides.

Peu dinstants après que tous les invités furent rassemblés, la dame du château entra, et leur adressa ces paroles :

« Cest moi qui me suis hier déguisée en men­diante. Dans ces temps si durs pour les pauvres jai voulu mettre votre charité à lépreuve. Ces bonnes gens que voici, ajouta-t-elle en mon­trant le paysan et sa femme, mont traitée de leur mieux ; cest pourquoi ils vont souper à ma table, et je leur ferai une pension ; vous autres, vous voudrez bien vous contenter des aumônes que vous mavez faites, et que vous voyez sur ces assiettes. Noubliez pas surtout que cest ainsi quon vous servira dans lautre monde.»

Ce que vous semez ici-bas,

Vous le recueillerez après votre trépas.

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