89. — Le Voleur de cochon.
Deux meneurs d’ours arrivèrent un soir fort tard dans un village, où ils résolurent de passer la nuit. L’aubergiste qui venait de vendre le cochon qu’il avait engraissé, renferma l’ours
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dans l’étable devenue vacante.
A minuit vint un voleur dans l’intention d’enlever le cochon gras, car il n’avait pas la moindre connaissance de ce qui s’èiait passé dans la journée. Il ouvrit doucement la porte de l’étable, entra, et, dans l’obscurité, saisit l’ours au lieu du cochon qu’il espérait trouver. L’ours se dressa en poussant un grognement horrible, jeta ses deux pattes de devant sur le voleur, et le tint tellement serré à bras-le-corps, qu’il ne pouvait remuer.
L’effroi et la douleur arrachèrent au malheureux des cris épouvantables; tous les gens de l’hôtellerie s’éveillèrent et accoururent au bruit. Ce ne fut qu’avec une grande peine que les maîtres de l’ours parvinrent à retirer le voleur, tout sanglant et fort maltraité, des griffes du terrible animal. Mais il n’échappa à celui-ci que pour être livré à la justice.
Bien souvent le Ciel n’attend pas Pour punir un coupable cas.

