6 GATIEMNE.

la repoussait : « Quoi, le Seigneur a été mon héritage, et je me plaindrais!.... Chacun a sa croix à porter. Quand elle ne pèse pas sur le corps, il faut bien quelle pèse sur làme. Pauvre frère ! nest - ce rien que ce labeur qui lépuise chaque jour! et dans ce moment na-t-il pas aussi sa part de nos inquiétudes et de nos dangers i » Son frère le regardait avec des yeux remplis de larmes ; et, comme sil eût compris son en­tretien secret, il semblait lui dire : Oh ! oui, jai bien ma partde toutes vos souffrances.

Le prêtre recommença lentretien.

« Et la tombe de notre père, lhonores-tu toujours dun culte filial? y conduis-tu quelque­fois tes enfants?

Oui, mon frère.

Tu fais bien : le souvenir dun père reli­gieux est un puissantencouragementàla vertu.

En leur parlant de mon père, je leur parle aussi de son fils aîné , qui a hérité de ses qua­lités... Il me vient une pensée : ne pourrions- nous pas aller prier ensemble, cette nuit, sur le tombeau de notre père? Cest peut- être la der­nière fois... »

Et le bon villageois pleurait. Le prêtre reprit : « Père vertueux, il est au port depuis long­temps , et ses enfants sont encore au milieu de la mer orageuse. Prions pour lui cependant, car il