vois-tu, je n étais pas riche, et il y en avait de bien plus malheureux que toi. Je puis te dire ce­pendant que mon intention était de laisser à la famille le peu que jen avais reçu. Je laurais fait si les temps eussent été meilleurs ; mais.... Tiens, voilà tout ce qui me reste : deux rouleaux

GATIENNE. 7

est bien doux de soccuper devant Dieu de ceux qui ne sont plus ; prions toujours pour lui ; mais dans ce moment que ce soit en secret. Ne sais-tu pas quaujourdhui la douleur est une honte et la prière un crime? Il ne faut point exposer ta famille... Et tes enfants , comment vont-ils?

Oh ! quelle peine pour eux quand ils ap­prendront que leur oncle le prêtre nest plus à la ville ! Laîné surtout sera désolé : il comptait sur vous pour son éducation.

Pauvre enfant ! je my serais prêté avec bien du plaisir... Ne serais-tu pas un peu mé­content de moi?

Pourquoi, mon frère?

Tu as pensé sans doute que jaurais pu faire plus de sacrifices pour ma famille. Mais,

de cent livres chacun. Eh bien ! prends celui-ci, lautre me suffit.

Oh ! non. Les deux sont au contraire in­suffisants pour les besoins sans nombre aux­quels vous allez être exposé. Je regrette même de ne pouvoir y ajouter quelque chose : mais